L'attaque du village peul d'Ogossagou (centre), le 23 mars, a été imputée à des chasseurs dogons et le gouvernement a prononcé le 24 mars la dissolution de l'association de chasseurs "Dan Nan Ambassagou", qui a démenti toute implication dans la tuerie.Cinq hommes reconnus par des rescapés comme de possibles participants à la tuerie ont été depuis lors arrêtés et transférés à Bamako, selon des sources militaires maliennes.Jointe dimanche par l'AFP, l'armée malienne n'a pas réagi aux informations faisant état du retrait samedi de ses soldats du village de Koro (centre), où elle était venue, selon des habitants, arrêter un chasseur membre de "Dan Nan Ambassagou"."Nous avons effectivement empêché l'armée d'arrêter samedi à Koro un chasseur. Nous ne savons pas ce qu'il a fait mais eux au moins ils nous protègent", a déclaré dimanche à l'AFP Elie Dago, membre du collectif des jeunes de Koro, joint de Bamako."Nous avons encerclé le véhicule de l'armée qui venait chercher le chasseur traditionnel. L'armée a été obligée de céder et de coller la paix au bonhomme", a ajouté Eloi, un autre habitant de Koro, qui n'a pas voulu donner son nom pour des raisons de sécurité.Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et authentifiées dimanche par l'AFP auprès d'habitants de Koro confirment ces informations.Sur l'une de ces images consultées par un journaliste de l'AFP, on voit des dizaines d'habitants de Koro entourer le véhicule de l'armée alors que certains tapent sur le capot."Les populations doivent laisser arrêter les génocidaires de Dan Nan Ambassagou", a déclaré à l'AFP Amadou Diallo, un membre de la jeunesse de Tabital Pulaaku, principale association des peuls du Mali.Des jeunes de communautés peule et dogon se sont engagés samedi à la "réconciliation et la paix", lors d'une conférence de presse conjointe à Bamako.Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé des "groupes d'autodéfense".La tuerie d'Ogassogou est l'attaque la plus meurtrière au Mali depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays.
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