Les Centrafricains, qui ont voté massivement, attendaient lundi les premières tendances des élections présidentielle et législatives de dimanche, dont l'opposition conteste la régularité alors que le président sortant François Bozizé fait figure de favori.
Jusqu'en fin de matinée lundi, aucun chiffre n'avait été rendu public par la Commission électorale indépendante (CEI).
Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003 dans un pays rendu exsangue par de multiples rébellions, mutineries militaires et putsch, M. Bozizé avait été réélu en 2005.
Ses principaux adversaires sont le président qu'il a renversé Ange-Félix Patassé (1993-2003), l'ex-Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé, un ancien assureur réputé bon gestionnaire, et Jean-Jacques Demafouth, ex-ministre de la Défense et chef d'une des principales ex-rébellions.
Le vote s'est terminé cinq heures plus tard que l'horaire prévu (21H00 au lieu de 16H00, 20H et 15H GMT) et le dépouillement a eu lieu pendant la nuit à la bougie et aux lampes de poche.
"Le manque de lumière, nous y sommes habitués mais c'est surtout le transfert des résultats qui pose des problèmes", a affirmé à l'AFP un membre de la CEI dans ce pays où les communications fonctionnent mal, où tout déplacement est compliqué en raison de la faiblesse des infrastructures routières ou de l'insécurité.
Le coordinateur national de l'Observatoire national des élections, Fulgence Zeneth, est resté lundi sur la réserve quant à la crédibilité des élections: "la question ne se pose pas en +crédibles+ ou +pas crédibles+".
M. Zeneth, qui a dirigé 500 observateurs déployés sur le terrain -parmi 1.500 nationaux et étrangers- a estimé que "la forte mobilisation" ainsi que la tenue des "élections sur l'ensemble du territoire" alors que "personne n'y croyait" étaient des "motifs de satisfaction".
"Sur la question de la sécurité, il n'y a pas eu vraiment de cas sérieux ou des endroits qui seraient totalement sous le contrôle du gouvernement où il y aurait eu de tels cas", a-t-il déclaré.
Il a toutefois souligné des "dysfonctionnements".
"En termes d'organisation, le constat est le même partout.C'est patent.Tous ont décrié la mauvaise organisation surtout en ce qui concerne les listes électorales qui étaient affichées en retard, à certains endroits n'existaient pas, ou se retrouvaient à des endroits qui n'étaient pas les bons", a-t-il précisé.
M. Ziguélé a réitéré lundi ses accusations contre le pouvoir qu'il dit avoir eu l'intention de "frauder"."Il y a des milliers de fausses cartes qui circulent, des listes électorales dérogatoires qui dépassent de loin le nombre d'électeurs inscrits".
"Il y a aussi des cas de violences à Bocaranga (ouest), où le président du bureau a fait tirer des coups de feu en l'air pour faire partir les assesseurs.Certains de mes proches ont été menacés de mort à Bangui et à plusieurs endroits dans le pays, la garde présidentielle a tenté de s'emparer des urnes, sans y parvenir", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Ils disent qu'ils sont confiants qu'ils vont gagner au premier tour alors pourquoi tentent-ils de tricher?", s'est-il interrogé.
Les autres opposants dénoncent également des fraudes.
Guy-Simple Kodegué, porte-parole de M. Patassé, a évoqué le problème des listes et "des fausses cartes" ainsi que des violences à Berberati (ouest).Il a déclaré vouloir saisir la CEI ainsi que la Cour constitutionnelle.
A plusieurs reprises la semaine dernière, le président Bozizé a balayé ces déclarations, accusant à son tour l'opposition d'être de "mauvaise foi".Le "pari des élections est un pari gagné", avait-il estimé dimanche.
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