Italie: des membres du renseignement soudanais témoignent contre un passeur présumé

Infos. Deux officiers du très redouté service de renseignement soudanais (NISS) ont raconté mercredi devant une cour d'assises italienne l'arrestation d'un "boss" de passeurs, qui assure être victime d'une erreur d'identité.

Italie: des membres du renseignement soudanais témoignent contre un passeur présumé
L'Erythréen Medhanie Yehdego Mered est accusé d'être le "général" d'un des plus gros réseaux de trafiquants de migrants, avec des ramifications en Afrique et en Europe.En 2016, un homme présenté comme Mered a été arrêté à Khartoum et extradé vers l'Italie, les autorités italiennes, soudanaises et britanniques saluant alors un coup important contre les réseaux de passeurs.Mais très vite, des voix se sont élevées pour assurer que l'homme arrêté était Medhanie Tesfamariam Berhe, un réfugié érythréen plus jeune que l'homme recherché et qui ne ressemble pas du tout à la photo de l'avis de recherche.Pourtant, à raison d'une audience toutes les deux à trois semaines en moyenne, le procès suit son cours devant une cour d'assise de Palerme, en Sicile. Depuis la cage en verre réservée aux accusés dans la salle d'audience, Mered/Berhe a raconté avoir été battu lors de son arrestation et de son interrogatoire par des policiers soudanais, dont l'un lui a "demandé de l'argent en échange de (sa) libération".A la demande de l'accusation, deux officiers soudanais, Mohamed Elnour Abdelrahman, qui a participé à l'arrestation et a reconnu travailler pour le NISS, et Mir Ibrahim Abdelsadig, qui a mené l'interrogatoire, ont démenti toute violence.Ils ont expliqué avoir suivi les instructions de l'agence britannique de lutte contre le crime (NCA), qui leur a signalé un suspect en fournissant un nom, une photo et un numéro de téléphone.Avec le numéro, les policiers sont remontés à l'accusé dans un quartier de Khartoum. Ce dernier s'est reconnu sur la photo mais a assuré s'appeler Behre et non Mered.M. Abdelsadig a reconnu devant la cour qu'il n'avait pas informé ses supérieurs du fait que l'homme arrêté assurait être un autre: "Le nom qu'il a donné n'était pas très différent de celui que nous recherchions".Les deux noms ont en commun un prénom relativement fréquent en Erythrée.Selon la défense, c'est ce prénom commun qui a conduit la police à l'accusé, après que ce dernier a contacté sur Facebook la compagne du "vrai" Mered, réfugiée en Suède, et a appelé un trafiquant."Pendant son interrogatoire, il a expliqué qu'il connaissait un trafiquant qui avait aidé trois de ses amis à émigrer en Europe et qui avait promis de faire de même pour lui pour 1.800 dollars", a expliqué son avocat, Me Michele Calantropo.Le réseau du "général" est soupçonné d'avoir organisé à partir de 2013 le voyage souvent mortel de centaines de personnes par mois, surtout des jeunes de la Corne de l'Afrique, à travers le Sahara puis la Méditerranée.Il est en particulier accusé d'avoir affrété le bateau dont le naufrage a fait plus de 360 morts octobre 2013 au large de l'île italienne de Lampedusa.

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