Walter Onnoghen, qui était le plus haut magistrat du pays, avait été suspendu de ses fonctions environ un mois avant les élections présidentielle et législatives du 23 février, par le président Muhammadu Buhari.Une décision qui avait provoqué la colère de l'opposition et du monde de la justice, qui avaient dénoncé une dérive autoritaire et un "coup d'Etat contre l'appareil judiciaire" - la révocation du président de la Cour suprême nécessitant selon la loi un vote avec une majorité des deux tiers au Sénat.Walter Onnoghen avait plaidé non coupable des six chefs d'accusation qui pèsent contre lui, notamment pour des affaires de fraude et de corruption. "L'accusé a clairement enfreint le Code de conduite des fonctionnaires et il est donc reconnu coupable et il lui est interdit d'exercer des fonctions publiques pendant 10 ans", a déclaré Danladi Umar, président du tribunal de déontologie du pays, le Tribunal du Code de conduite, qui statue sur les affaires impliquant des agents publics.Le juge a également ordonné que l'argent découvert sur des comptes bancaires de M. Onnoghen, en devises étrangères et non déclarés, soit confisqué par le gouvernement.Walter Onnoghen avait démissionné de la présidence de la Cour suprême plus tôt dans le mois.Muhammadu Buhari avait été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer la corruption, ce "cancer" qui gangrène le premier producteur de pétrole du continent africain.Il avait fait part de sa frustration, après que la Cour suprême eut invalidé des condamnations pour corruption, dont certaines concernaient des hommes politiques de l'opposition.Mais la Cour suprême est aussi l'organe judiciaire chargé de trancher les éventuels litige électoraux, et M. Buhari avait placé à sa tête, en remplacement de Walter Onnoghen, un homme du nord du Nigeria, son fief. Les détracteurs du chef de l'Etat voient dans les accusations contre M. Onnoghen une chasse aux sorcières menée contre les opposants du parti au pouvoir et de Muhamadu Buhari, réélu en février pour un second mandat.Son adversaire malheureux, Atiku Abubakar, avait dénoncé une "parodie d'élection".
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