Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête sur les biens en France de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et de son entourage à la suite d'une plainte pour corruption de trois organisations non gouvernementales.
En fin de matinée, le président Nicolas Sarkozy avait assuré, lors d'une conférence de presse, que la France s'attachait "à la recherche systématique des richesses pillées qui doivent être rendues au peuple tunisien".
Les trois ONG, Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains, ont récemment déposé une plainte pour corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée.
L'enquête, ouverte à la suite de cette plainte et d'éléments transmis par la police, a été confiée à l'office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et à la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie, Tracfin, a précisé le parquet.
Selon les plaignants, qui s'appuient sur des informations de presse, la fortune de l'ex-président et de son entourage est estimée à environ 5 milliards de dollars.Ils évoquent dans leur plainte "de fortes présomptions quant au fait qu'elle ne serait pas le fruit des seuls salaires et émoluments" du président tunisien déchu.
Pour sa part, le député socialiste (opposition) Jean-Marie Le Guen a demandé au gouvernement de mandater le préfet de Paris pour que celui-ci exerce son droit de réquisition sur les biens parisiens de la famille Ben Ali au profit de sans-logis.
Le 17 janvier, le porte-parole du gouvernement François Baroin avait affirmé que la France se tenait "à la disposition des autorités constitutionnelles tunisiennes" pour examiner le sort des biens immobiliers en France du président tunisien déchu, réfugié en Arabie saoudite, et de son entourage.
Dans un premier temps, la France s'est placée sur un terrain administratif, saisissant Tracfin pour empêcher la fuite des avoirs financiers détenus par l'ex-président et ses proches.
La justice tunisienne a ouvert une enquête judiciaire pour "acquisition illégale de biens" et "placements financiers illicites à l'étranger" contre le président déchu et sa famille, accusés d'avoir mis en coupe réglée le pays en 23 ans de pouvoir.
La Suisse a décidé de bloquer le 19 janvier d'éventuels fonds appartenant à l'ex-président tunisien.
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