Sébastien Chadaud-Pétronin, qui publie jeudi un livre sur sa mère, a notamment effectué début décembre 2018 un voyage au Sahel et a assuré à son retour avoir reçu une "proposition inespérée" des ravisseurs, qui aurait été rejetée par le gouvernement français."En refusant cette offre, et en refusant surtout d'entamer une discussion - c'est le principe même de la négociation qui a été rejeté - les autorités ont montré que la seule option retenue par le chef de l'Etat (français, NDLR) était militaire", estime M. Chadaud-Pétronin dans le JDD.Il juge "terrifiant" la perspective "d'une frappe ou d'une intervention militaire" si sa mère était localisée. "Il y a très peu de chances de sauver un otage dans ces conditions", estime-t-il.Pour lui, le ministère français des Affaires étrangères "ne veut pas discuter avec les jihadistes du sort de ma mère". "On m'a demandé de m'écarter, et je m'aperçois que c'est parce qu'on a pris la décision à ma place. La décision de sacrifier ma mère", martèle-t-il. Le fils de Mme Pétronin accuse également "des représentants du Quai d'Orsay" de n'avoir "cessé" de lui "mentir" et de le "manipuler". Selon lui, le président français Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian doivent "assumer" de ne pas vouloir "négocier" cette libération. "Il faut arrêter (...) de faire croire qu'on travaille, qu'on est en train de faire des choses (...) Ce n'est pas vrai. On s'est foutu de nous ! Ma mère est sacrifiée car on ne veut pas discuter, voilà".La dernière vidéo où est apparue Sophie Pétronin, médecin humanitaire septuagénaire enlevée à Gao (nord du Mali), avait été reçue mi-juin 2018. Elle y apparaissait très fatiguée et le visage émacié, et en appelait à M. Macron. Dans une autre vidéo publiée le 11 novembre, où elle n'apparaissait pas, ses ravisseurs affirmaient que son état de santé s'était dégradé. Fin décembre, la France avait une nouvelle fois demandé "avec force" la libération de cette otage, et réitéré "agir sans relâche" pour la retrouver."Si je perds, ma mère meurt. Elle a offert sa vie pour sauver des enfants, dans une zone de guerre où les populations ont besoin d'être aidées (...) Si pour autant il faut l'abandonner, alors on dit non à l'humanitaire", juge encore M. Chadaud-Pétronin.
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