"Le 12 avril, les agents de l'aéroport international de Douala ont interdit à Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior de Human Rights Watch sur l'Afrique centrale, d'entrer dans le pays" sans lui donner aucune explication, a déploré HRW. Deux jours avant son interdiction d'entrer sur le territoire, HRW a publié un rapport faisant état d'une attaque meurtrière menée par des forces camerounaises dans un village situé dans une des deux régions anglophones ayant fait cinq morts, a ajouté l'ONG."Interdire à notre chercheuse d'entrer sur le territoire constitue clairement un pas en arrière pour le Cameroun", a déclaré Philippe Bolopion, l'un des responsables de l'organisation. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Communication n'avait pas réagi jeudi en fin d'après-midi. Fin mars, HRW avait publié un rapport accusant "les forces du gouvernement" dans les régions anglophones du Cameroun d'avoir tué "de nombreux civils" faisant "un usage aveugle de la force ces six derniers mois".Le gouvernement avait alors accusé l'ONG de "parti pris" et réfuté toute exaction de l'armée.Mercredi, le ministère de la Défense a dénoncé sur Facebook le "silence coupable et complice de Human Rights Watch, Amnesty international et des médias internationaux" face aux exactions commises par des séparatistes. "Il est en effet incompréhensible que ces organisations et médias, usant de leur aura, ne mentionnent ni ne condamnent explicitement ces actes barbares". Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés cachés dans la forêt équatoriale.Selon l'ONU, 530.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones et 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin
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