Soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis en 2009 au Nord et Sud-Kivu (RDCongo), en 2009, Callixte Mbarushimana, un haut responsable des rebelles hutu rwandais, a été remis mardi par la France à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.
Le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), âgé de 47 ans, a atterri vers 14H20 (13H20 GMT) à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, en provenance de l'aéroport de Roissy, a annoncé à l'AFP un membre du bureau du procureur de la CPI.
M. Mbarushimana, qui avait été arrêté le 11 octobre 2010 à Paris en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI, a été conduit au quartier pénitentiaire de la Cour, dans la prison de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye.
Installé à Paris avec sa famille depuis 2002, il a, selon l'accusation, joué "un rôle essentiel" dans la planification d'attaques commises par les miliciens du FDLR contre la population civile des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) en 2009.
Callixte Mbarushimana est soupçonné de cinq chefs de crimes de guerre et de six chefs de crimes contre l'humanité, notamment de meurtres, tortures, viols, persécutions et destructions de biens.
Il s'était opposé en vain à son maintien en détention en France et à sa remise à la CPI.La Cour de cassation à Paris avait rejeté le 4 janvier ses deux pourvois, ouvrant la voie à son transfert.
M. Mbarushimana devrait participer à une audience de première comparution devant la CPI d'ici la fin de la semaine, au cours de laquelle sera notamment fixée la date d'une audience de confirmation des charges, préalable à un éventuel procès.
"Je ne suis pas pessimiste.Il reste énormément de choses à éclaircir" et "j'ai bon espoir qu'il soit placé sous contrôle judiciaire", a déclaré à l'AFP Me Laurence Garapin, avocate de M. Mbarushimana.
Philippe Gréciano, autre avocat du Rwandais, a pour sa part annoncé une procédure en annulation devant la CPI afin de permettre à son client de revenir en France.Mais "cela va être très long", a-t-il estimé.
Basées dans l'est de la RDC, les FDLR sont accusées d'être l'un des principaux fauteurs de troubles dans la région des Grands lacs africains.Plus de 15.000 cas de violences sexuelles ont ainsi été recensés en RDC en 2009, selon la CPI.
Callixte Mbarushimana, père de deux enfants, travaillait en région parisienne comme technicien informatique dans une société de maintenance.Bénéficiant du statut de réfugié politique depuis 2003, il publiait régulièrement des communiqués de presse à partir de la France.
Le secrétaire exécutif des FDLR est par ailleurs poursuivi par la justice française pour son rôle présumé dans le génocide au Rwanda en 1994 au cours duquel environ 800.000 Tutsi et Hutu modérés ont été tués, selon l'ONU.
A la suite de plusieurs plaintes de rescapés, le parquet de Paris avait ouvert fin septembre 2010 une information judiciaire et le Rwandais avait été mis en examen le 21 décembre pour "crimes contre l'humanité".
M. Mbarushimana n'est toutefois pas recherché par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), dont le parquet l'aurait mis hors de cause sur la foi de plusieurs témoignages.
S'appuyant sur ces témoignages, M. Mbarushimana a demandé l'annulation de sa mise en examen.Il reviendra à la Cour d'appel de Paris d'en décider dans les prochains mois.
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