"Nous essayons de promouvoir cette méthode pour développer d'autres cultures vivrières que l'huile de palme sur une même surface. Etre diversifié permet de mieux absorber les chocs économiques", a déclaré à l'AFP Amath Pathe Sene, coordinateur de cette agence spécialisée des Nations Unies, lors d'un forum à Abidjan consacré à l'huile de palme et au caoutchouc (Africa oil and rubber summmit)."Intercaler différentes cultures permet aussi de produire pour les familles (qui exploitent les terrains). Le surplus est ensuite vendu au niveau du marché", souligne-t-il. Les petits producteurs représentent 40% de la production mondiale d'huile de palme, produit caractérisé par la volatilité des prix. Quand les prix chutent, les producteurs ne peuvent parfois plus subvenir à leurs besoins et sont obligés de s'endetter ou parfois de vendre leur parcelle pour survivre. Avoir des cultures vivrières ou des revenus annexes permet de réduire cette dépendance aux cours mondiaux. "Il existe très peu d'information sur la superficie déjà occupée par l'agroforesterie en Afrique, notamment en raison de l'absence de recensement agricole", détaille Patrick Jagoret, directeur adjoint d'une unité mixte de recherche au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).Ce spécialiste de l'agroforesterie observe cependant un "renversement de situation, doucement mais sûrement", notamment grâce à la prise de conscience à l'échelle institutionnelle et locale du danger que représente la voie de la monoculture."Beaucoup de petits agriculteurs, dont la vision à long terme implique une transmission du patrimoine à leurs enfants, se mettent ou reviennent à des systèmes agroforestiers, notamment en Côte d'Ivoire. C'est toujours une minorité, mais ce mouvement de fond va prendre de l'ampleur", analyse le chercheur. "Certains ne l'avaient jamais abandonné. Au Cameroun et dans les pays de la sous-région par exemple, ces pratiques ancestrales sont restées valables car les agriculteurs ont vu l'intérêt des systèmes mis en place par leurs parents et leurs grands-parents", ajoute-t-il.L'agroforesterie permettrait aussi de lutter contre le réchauffement climatique. "L'accord de Paris impose de rester en dessous de 1,5 degrés de réchauffement climatique. Si on continue à planter de façon non-durable, on ne va pas atteindre les objectifs fixés", souligne Amath Pathe Sene.Le Nigeria est le premier pays producteur africain avec près d'un million de tonnes par an devant la Côte-d'Ivoire (400 000 tonnes) et la Sierra Leone (60 000 tonnes). Ils sont toutefois loin derrière les productions asiatiques: l'Indonésie et la Malaisie produisent respectivement 27 et 20 millions de tonnes (soit 85% de la production) selon les chiffres de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).En Côte-d'Ivoire, le secteur emploie plus d'un million de personnes, selon une estimation du centre national de recherche agronomique.
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