Le ministère égyptien de l'Intérieur a indiqué mercredi qu'il interdisait toute nouvelle manifestation, après les rassemblements hostiles au régime qui ont mobilisé des milliers de personnes et fait trois morts mardi.
Le "Mouvement du 6 avril", un groupe de militants pro-démocratie à l'origine des manifestations de la veille, a annoncé dans la matinée qu'il appelait à de nouveaux rassemblements mercredi dans le centre du Caire.
Le ministère de l'Intérieur affirme dans un communiqué "qu'aucun acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis".
Les manifestations anti-gouvernementales de mardi sont les plus importantes du genre survenues en Egypte au cours des trois décennies de présence du président Hosni Moubarak à la tête de l'Etat.
Elle se sont inspirées de la révolte tunisienne qui a conduit au départ du président Zine El Abidine Ben Ali mi-janvier.
"Des mesures légales seront prises contre quiconque" serait en infraction, poursuit le communiqué du ministère, en soulignant que tout contrevenant serait déféré devant la justice.
Quelque 200 personnes sont été arrêtées mardi lors des manifestations, dont 70 au Caire, où un policier a été tué, et 50 à Suez, à une centaine de km à l'est de la capitale, où deux manifestants sont morts, selon les services de sécurité.
La bourse du Caire a ouvert en forte baisse mercredi, son principal indice perdant près de 5% au cours des 45 premières minutes d'échanges, a-t-on appris de source boursière.
La presse égyptienne indépendante soulignait mercredi l'ampleur des défilés de la veille, dominés par des slogans contre le pouvoir du président Moubarak, 82 ans.
"Des milliers de personnes manifestent contre la pauvreté, le chômage, l'inflation et la corruption, et demandent le départ du gouvernement", titre le quotidien al-masri al-Yom.
Al-Chorouq fait sa Une sur "L'Egypte en colère descend dans la rue" et affirme qu'un "volcan de colère a fait éruption dans les rues du Caire".
La presse gouvernementale en revanche s'efforçait de minimiser l'impact des protestations, affirmant comme al-Akhbar qu'il "y a eu des manifestations en certains endroits, tandis que la plupart des gouvernorats sont restés calmes".
L'idée des manifestations a été fortement relayée, en particulier auprès des jeunes, à travers les réseaux sociaux.
Mercredi, le site de micro-blogs Twitter a indiqué que son site a été bloqué en Egypte depuis mardi aux environs de 16H00 GMT ainsi que les applications liées à ce service.
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