Leur procès devait avoir lieu mardi, mais le juge Rodolphe Azo a presque aussitôt suspendu la séance, renvoyant le dossier au juge d'instruction pour qu'il requalifie les accusations. Accusés notamment de participation à un attroupement armé, appel et incitation à la haine et à la rébellion, violences, entrave à la justice ou "charlatanisme contre l'Etat béninois", les manifestants ont été finalement présentés mercredi au juge des libertés qui a ordonné leur remise en détention dans l'attente de leur procès, repoussé à une date non fixée. Un avocat de la défense, Max d'Almeida, a regretté que "des innocents croupissent en prison pendant le temps de l'instruction". Parmi les personnes jugées, figure Philippe Aboumon, un proche parent de l'ancien président Thomas Boni Yayi, poursuivi pour "incitation à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux", et Denis Djossou, un revendeur, dont la main à été amputée après l'explosion d'une grenade lacrymogène. Le 1er mai, quelques jours après les élections législatives auxquelles l'opposition n'a pas pu présenter de candidats, des centaines de personnes s'étaient rassemblées autour du domicile de l'ancien président, craignant qu'il ne soit arrêté par les forces de l'ordre pour avoir demandé à son successeur, le président Patrice Talon, d'arrêter le processus électoral et à la population de se soulever. L'armée et la police ont finalement délogé les manifestants en ouvrant le feu sur la foule.Selon Amnesty International, la répression a fait au moins "quatre morts par balle" (sept selon l'opposition) et marque un tournant dans l'histoire du Bénin, considéré comme un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest depuis 30 ans.
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