Washington demande à Pretoria d'extrader un ex-ministre mozambicain aux USA

Infos. Washington a demandé à Pretoria de "reconsidérer" sa décision d'extrader vers le Mozambique, et non les Etats-Unis, l'ex-ministre mozambicain des Finances Manuel Chang, arrêté en Afrique du Sud dans le cadre d'un vaste scandale de corruption, a-t-on appris samedi de source diplomatique américaine.

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"Nous avons officiellement demandé au gouvernement sud-africain, via les voies diplomatiques, de ne pas extrader (...) Chang vers le Mozambique, pendant que les Etats-Unis cherchent à obtenir du ministère (sud-africain) de la Justice qu'il reconsidère sa décision du 21 mai", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'ambassade américaine à Pretoria, Robert Mearkle."Nous notons par ailleurs que les lois américaines sur l'extradition permettent à Chang d'être jugé dans les deux pays - d'abord aux Etats-Unis, ensuite au Mozambique. La loi mozambicaine n'offre pas une telle option", a-t-il ajouté.Manuel Chang, arrêté fin 2018 en Afrique du Sud, est poursuivi pour les mêmes faits au Mozambique et aux Etats-Unis. Les deux pays ont réclamé à Pretoria son extradition sur leur territoire, et le 22 mai, l'Afrique du Sud a décidé de donner raison au Mozambique."J'ai noté que la requête des Etats-Unis d'Amérique avait été soumise quelques semaines avant celle du Mozambique. Toutefois (...) je suis persuadé que les intérêts de la justice seront mieux servis en accédant à la requête de la République du Mozambique", avait expliqué le ministre sud-africain de la Justice de l'époque, Michael Masutha.Manuel Chang a été arrêté à l'aéroport international de Johannesburg en décembre dernier sur requête de la justice américaine pour son implication présumée dans une affaire de prêts frauduleux de 2 milliards de dollars (1,76 milliard d'euros).Il est accusé d'avoir perçu plusieurs millions de dollars de pots-de-vin en marge de cette affaire.La justice mozambicaine a arrêté récemment plusieurs suspects liés à ce scandale, dont le fils de l'ex-président Armando Guebuza et des agents des services de renseignement.Cette affaire dite de la "dette cachée" a plongé le Mozambique dans une grave crise financière. Elle embarrasse son actuel président Filipe Nyusi, ministre de la Défense à l'époque des faits et candidat à un nouveau mandat à la tête du pays en octobre.

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