"Un groupe de sécessionnistes qui demeurent à identifier a envahi le camp de réinstallation d'Upkwa près du lac Nyos où ils ont incendié plus de quarante maisons, violemment agressé et torturé les populations, massacré leur bétail et pillé leurs biens", a déclaré vendredi le gouverneur de la région dans un communiqué.Il a annoncé l'ouverture d'une enquête et la mise en place d'une commission pour identifier et secourir les victimes de cette attaque.L'attaque n'a toutefois pas été revendiquée par l'un des groupes de séparatistes armés, actifs dans la région et sa voisine du Sud-Ouest depuis septembre 2017.Le gouverneur Adolphe Lele a réitéré dans son communiqué l'offre faite par le gouvernement aux combattants sécessionnistes de déposer les armes et de rejoindre les camps de démobilisés ouverts afin de les réinsérer dans la vie civile.Depuis le début du conflit, séparatistes armés et soldats se renvoient la responsabilité des exactions dont sont victimes les civils.Selon l'ONU, la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à quitter leurs domiciles. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).La semaine dernière, l'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW), avait accusé des militaires camerounais d'avoir incendié mi-mai plus de 70 habitations à Mankon, dans le Nord-Ouest.A Muyuka (Sud-Ouest), l'un des épicentres du conflit, un bébé de quatre mois a été tué le 20 mai alors que le pays célébrait sa fête nationale. Très vite, les séparatistes ont accusé l'armée d'être responsable de cet assassinat, de même que les parents de la victime.Dans un communiqué, le gouvernement avait réfuté toute implication de l'armée dans ce meurtre, dont il a imputé la responsabilité aux séparatistes.Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.
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