Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a jugé "ridicule" jeudi l'autoproclamation comme président de l'opposant André Mba Obame, réfugié dans une agence onusienne et dont les partisans ont été dispersés à l'aube.
"Je préfère être un +amateur+ de la politique qu'un professionnel du ridicule", a lâché Ali Bongo Ondimba à Tchibanga (sud-ouest) où il avait réuni le gouvernement pour un conseil des ministres décentralisé.
"Vous avez devant vous le président de la République gabonaise, les Gabonais attendent de lui qu'il fassent un certain travail, et au terme de son mandat les Gabonais estimeront eux seuls s'il doit ou non partir", a-t-il conclu M. Bongo.
En ne modifiant d'aucune manière son agenda et du déplacement de son gouvernement à Tchibanga, Ali Bongo, qui a reçu le soutien de la communauté internationale (Union africaine et France notamment) a sans doute voulu envoyer un signal montrant qu'il ne s'inquiétait pas de la contestation d'André Mba Obame qui continue à al défier en mettant en cause sa légitimité.
"C'est un caillou dans la chaussure d'Ali et un caillou dans la chaussure, ça énerve et ça fait mal, mais ça n'inquiète pas", a toutefois estimé une source diplomatique à l'AFP jeudi.
Jeudi matin à l'aube, les forces de l'ordre ont dispersé devant le siège du Programme des nations unies pour le développement (PNUD) la centaine de sympathisants qui soutenaient Mba Obame.
Selon le camp AMO, l'intervention serait l'oeuvre de la gendarmerie mais aussi des "Bérets rouges (parachutistes)" et s'est soldée par des arrestations.L'intervention de l'armée n'a pu être confirmée par l'AFP qui s'est rendue sur les lieux.
Le ministère de l'Intérieur reconnaît des "interpellations" précisant "si ces gens sont de simples sympathisants, ils ne resteront pas en prison".
"Plusieurs blessés" ont été à l'hôpital mais ont pu regagner leur domicile en fin de mâtinée.Une personne nécessitait des soins "pour une pathologie antérieure à l'intervention", a affirmé une source hospitalière.
"Ce genre d'actes entraînent souvent des conséquences incalculables.C'est un comportement similaire qui avait déclenché des émeutes à Port-Gentil", a commenté André Mba Obame, qui revendique la victoire à la présidentielle d'août 2009 après le décès d'Omar Bongo.
Après un long contentieux, Ali Bongo avait été proclamé élu en octobre 2009 avec 41,79% des voix devant Pierre Mamboundou (25,66%) et Mba Obame (25,33%).
En septembre des violences post-électorales à Port-Gentil avaient fait 3 morts selon le pouvoir, au moins 5 selon l'opposition.
"Les pitreries d'André Mba Obame et sa compagnie ne font pas rire et leur imposture est une anarchie dont l'objectif est de ruiner la stabilité du pays.Bien sûr, on imagine que les auteurs de ces enfantillages voudraient se rendre martyrs, être traduits en justice pour prétendre être des héros", écrit le quotidien pro-gouvernemental Gabon Matin.
"Ils cherchent l'affrontement pour chercher des martyrs et créer un mouvement social.Mba Obame ne s'est pas lancé dans cette aventure sans une stratégie.Il doit se sentir soutenu quelque part", analyse un observateur.
Ancien ministre d'Omar Bongo et professeur d'université, Anaclé Bissielo estime: "Les éléments qui faisaient craindre une crispation à la mort d'Omar Bongo sont à nouveau là.Mba Obame l'a compris et veut sans doute surfer dessus".
"Les gens bougent-ils parce qu'ils ont faim ou parce qu'ils ont des aspirations politiques?On ne peut pas dissocier les deux", souligne-t-il
"Je suis quelqu'un de très réfléchi.Je sais où je vais et je vais atteindre l'objectif tant attendu par le peuple gabonais qui veut que son vote soit reconnu, qui veut choisir librement ses dirigeants", avait précisé mercredi à l'AFP André Mba Obame.
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