Bissau: la Cédéao réclame la nomination d'un Premier ministre d'ici à dimanche

Infos. Une délégation de la Cédéao a "insisté" jeudi pour qu'un nouveau Premier ministre soit nommé d'ici à dimanche en Guinée-Bissau, menaçant de sanctions la classe politique si elle ne trouve pas rapidement une issue à la crise en cours depuis 2015.

Bissau: la Cédéao réclame la nomination d'un Premier ministre d'ici à dimanche
Plus de trois mois après les législatives, le président José Mario Vaz a refusé mercredi de nommer à la tête du gouvernement le chef de la majorité parlementaire, son ex-Premier ministre et chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simoes Pereira.Médiatrice, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest a dépêché une nouvelle mission, qui s'est entretenue avec les principaux acteurs politiques."La mission insiste auprès des acteurs politiques pour qu'ils s'engagent à favoriser une sortie de crise rapide par le choix avant le 23 juin d'un Premier ministre proposé par le parti majoritaire et la formation dans le même délai d'un nouveau gouvernement", a déclaré le président de la Commission, l'Ivoirien Jean-Claude Brou.La date du 23 juin correspond à la fin du mandat de cinq ans du président Vaz. Passé ce délai, le pays sera en affaires courantes jusqu'à la présidentielle du 24 novembre et le président sera privé de certaines prérogatives, dont celles de nommer un Premier ministre ou de dissoudre le Parlement.Déplorant "avec amertume" le manque de progrès, le chef de la délégation ouest-africaine s'est dit déterminé à "recommander des sanctions envers tous ceux qui sont responsables du blocage", alors que la situation à Bissau sera à l'ordre du jour du sommet de la Cédéao le 29 juin à Abuja.En février 2018, la Cédéao avait déjà pris des sanctions - interdiction de voyager dans l'espace régional, gel des comptes bancaires - contre 19 personnalités bissau-guinéennes pour non-respect d'un accord de sortie de crise politique, mais celles-ci n'avaient pas eu l'effet escompté.Malgré le bon déroulement des législatives du 10 mars, remportées par le PAIGC, ce petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest peine à sortir de la crise qui avait éclaté en août 2015 avec le limogeage par M. Vaz de M. Pereira, qui était alors son Premier ministre. Depuis la reprise des travaux parlementaires le 18 avril, les débats achoppent sur la composition du bureau de l'Assemblée, préalable à la nomination d'un nouveau Premier ministre. La Cédéao a demandé jeudi qu'une solution soit trouvée.Le chef du parti d'opposition Madem, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, Braima Camara, a fait un geste d'ouverture vendredi en renonçant à briguer le poste de deuxième vice-président de l'Assemblée, pourtant dévolu à sa formation mais que le PAIGC ne voulait pas le voir occuper personnellement pour des questions de rivalités politiques."J'ai pris la décision par patriotisme, soucieux de la souffrance de mon peuple" et par "souci de débloquer la crise", a déclaré le dirigeant du Madem, qui proposera un autre nom.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Bissau: la Cédéao réclame la nomination d'un Premier ministre d'ici à dimanche