La colère continue à gronder en Egypte, sixième jour de manifestations

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LE CAIRE (AFP)

 Des milliers de manifestants affluaient dimanche vers le centre du Caire pour participer à une nouvelle journée d'une révolte qui ne semble pas faiblir malgré le bilan de plus d'une centaine de morts en cinq jours et les changements intervenus à la tête du gouvernement. 

 Pendant ce temps, les Etats-Unis se préparaient à évacuer leurs ressortissants d'Egypte.

"Le peuple veut la chute du régime", "Moubarak dégage!", scandaient les manifestants qui se rassemblaient à la mi-journée à Midan Tahrir, la place de la libération, dans le centre de la capitale qui vit depuis mardi au rythme d'une contestation sans précédent du président Hosni Moubarak au pouvoir depuis 30 ans.

A Suez, à l'est du Caire, quelque 500 manifestants se sont rassemblés, selon un journaliste de l'AFP.

Dans la ville de Mansoura (delta du Nil) quelque 5.000 manifestants affluaient vers le siège du gouvernorat, affichant leurs revendications sur des pancartes signées des "Jeunes d'Egypte", exigeant notamment les départ du président Moubarak et de tous les symboles du régime.

L'armée a bouclé le centre de la capitale égyptienne avec des chars d'assaut.

 Plusieurs milliers de prisonniers se sont évadés de prison dans la nuit après une émeute dans la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, selon une source au sein des services de sécurité.

Des dizaines de corps gisaient sur la chaussée près d'une prison de l'est du Caire où une émeute avait eu lieu dans la nuit et des coups de feu tirés au cours de l'évasion des prisonniers.Quatorze ont été emmenés dans une mosquée proche, a constaté un journaliste de l'AFP, et il y aurait "beaucoup d'autres", selon les habitants.

Le président Hosni Moubarak, qui a procédé samedi à la nomination d'un nouveau vice-président, le premier en 30 ans, Omar Souleimane, et d'un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic, a visité le centre d'opérations de l'armée.

Le président avait annoncé vendredi la formation d'un nouveau gouvernement ainsi que des réformes espérant ramener le calme.

Les nouvelles nominations ont été rejetées dimanche par les Frères musulmans, principale force d'opposition en Egypte."Il s'agit d'une tentative pour contourner les revendications du peuple et pour avorter sa révolution", ont-ils estimé.

 La chaîne satellitaire Al-Jazira qui fait trembler par sa couverture des protestations les gouvernements arabes a été interdite dimanche en Egypte.

La presse gouvernementale a changé de ton dimanche parlant de "changement" et s'acharnant notamment sur des figures du milieu des affaires proches du président Moubarak et de son fils Gamal, piliers du régime et hauts responsables de Parti national démocrate (PND) au pouvoir.

La révolte, qui en de nombreux endroits a tourné à l'émeute et dégénéré en de violents affrontements entre police et manifestants, a fait 111 morts et plus de 2.000 blessés, en majorité des civils, selon un bilan de l'AFP basé sur des chiffres de sources au sein des services de sécurité et des sources médicales.Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées.

Les manifestations ont paralysé partiellement le pays, de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse étant toujours fermées après leur congé hebdomadaire, et deux séances clôturant sur une forte baisse mercredi et jeudi.

Après de nombreux pillages au Caire, soumis tout comme les grandes villes d'Alexandrie et de Suez au couvre-feu à partir de 16H00 (14H00 GMT), l'armée semblait plus présente et plus ferme dans la rue.Des comités de citoyens organisés dans les quartiers remettaient les pillards aux forces armées.

Des inconnus ont profité du chaos pour dérober deux momies de l'époque pharaonique entreposées au Musée égyptien au Caire, le patron des antiquités égyptiennes Zahi Hawass.Les manifestants ont arrêté les voleurs en collaboration avec les forces de sécurité et les momies ont pu être restituées mais ont été très endommagées, selon lui.

 Cette révolte, qui a commencé deux semaines après la fuite du président de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l'inquiétude et certains pays ont annoncé l'évacuation de leurs ressortissants.

L'ambassade des Etats-Unis au Caire a annoncé qu'elle se préparait à évacuer à partir de lundi ses ressortissants d'Egypte.La Turquie a annoncé qu'elle allait dépêcher trois avions pour assurer le rapatriement de ses ressortissants.

Le président américain Barack Obama a exhorté le régime de M. Moubarak, qui est le principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe, à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de retenue.

En Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l'Egypte -seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec Israël- ainsi que "la stabilité et la sécurité régionale".

Le président Nicolas Sarkozy a assuré que la France se tenait "avec amitié et respect aux côtés des Tunisiens et des Egyptiens" et souligné qu'elle préférait les "changements pacifiques" de régime.L'Italie a appelé le président Moubarak "à éviter le recours à la force contre des protestataires désarmés".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à la "retenue, à la non violence et au respect des droits".

Le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, au motif que les fonctionnaires égyptiens auraient quitté leurs postes à la suite des violences en Egypte.

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