Présidentielle: des Nigériens partagés entre amertume et espoir

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NIAMEY (AFP)

"Les élections de lundi ce n'est pas mon problème, je cherche à manger!", lance Idi Aminou, vendeur de légumes à Niamey: accaparés par un quotidien âpre, les Nigériens éprouvent désillusions et amertume à l'égard des politiques, même si certains gardent espoir.

A la veille de la présidentielle destinée à restaurer la démocratie après le coup d'Etat militaire contre le président Mamadou Tandja en février 2010, il y a affluence au "petit marché", dans le centre de la capitale.

Dans un joyeux désordre et une chaleur suffocante, Nigériens et expatriés sont venus faire leurs courses avant le lundi, férié pour cause de scrutin.

Mais ce vote qui doit consacrer le retour des militaires dans les casernes laisse certains de marbre.Et dans l'un des pays les plus déshérités au monde, beaucoup accablent une classe politique dominée par les mêmes figures depuis deux décennies.

"Les hommes politiques ne pensent qu'à se remplir les poches", accuse le marchand Idi Aminou, 42 ans.

Traductrice d'une quarantaine d'années venue avec ses deux enfants, Aïssa Diallo a pris sa décision: "je ne ferai pas mon devoir de citoyenne, je ne voterai pas lundi".

"Le Niger n'est pas prêt pour les élections, tranche-t-elle.La transition devrait durer encore six mois pour permettre à la junte de terminer l'assainissement de la vie publique", les enquêtes et poursuites sur des détournements présumés de fonds publics.

Kader Chaïbou, avocat de 52 ans, avertit: "le scrutin ne doit pas être un chèque en blanc pour ceux qui seront au pouvoir".

"Le coup d'Etat (de février 2010) va leur servir de leçon", dit cet ancien membre de la commission électorale sous le régime Tandja."Les nouveaux dirigeants ne doivent pas oublier que l'armée est une épée de Damoclès sur leur tête".

Au milieu de jeunes vendeurs à la sauvette, Hama Amadou Ali, enseignant, redoute quant à lui une crise politique comme celle qui déchire la Côte d'Ivoire depuis novembre, avec deux présidents proclamés.

"Le cas ivoirien est bien envisageable si les résultats sont contestés", prévient-il, alors que la préparation du scrutin a souffert de problèmes d'organisation.

Mais dans ce pays où tout est urgent, chacun a son idée sur ce que devra faire le prochain président.

"La lutte contre l'insécurité, la crise alimentaire et l'éducation doivent être ses priorités", soutient l'enseignant.

Pour une autre cliente, Fatouma Djadjé, le futur chef d'Etat devra "faire en sorte que les revenus de l'or, de l'uranium (dont le pays est l'un des premiers producteurs mondiaux, ndlr), et bientôt du pétrole profitent à tout le monde".

"On ne peut pas comprendre qu'à 10 km de Niamey, les gens boivent toujours l'eau au puits", s'insurge-t-elle.

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