L'armée "dernier rempart" de Moubarak, selon la presse

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PARIS (AFP)

L'armée est le dernier pilier du régime Moubarak face à une insurrection populaire qui ne faiblit pas malgré une répression sanglante, soulignent lundi de nombreux éditorialistes de la presse nationale et régionale.

"Le président égyptien a trouvé deux généraux qui ont accepté de cautionner son régime pour un replâtrage qui ne trompe personne", écrit Laurent Joffrin dans Libération."Ubu s'est pris pour Ramsès : il a voulu fonder une nouvelle dynastie de pharaons galonnés", poursuit-il."Mais cette fois, le peuple s'est mis en travers, galvanisé par l'exemple tunisien.De toute évidence, c'est l'armée qui tient en main le destin de l'Egypte."

"La question posée, hier en Tunisie, demain en �?gypte ou ailleurs, est celle de la transition", renchérit François Ernenwein dans le quotidien catholique La Croix."Il faut reconnaître que, dans tous ces pays, les militaires ont beaucoup de cartes en main...La sagesse commanderait que ceux du Caire suivent l'exemple donné par leurs camarades de Tunis.Ce n'est évidemment pas une condition suffisante pour installer la démocratie.Mais cela peut permettre d'éviter un bain de sang."

"Tenir, espérer voir le mouvement s'essouffler, compter sur l'armée.Depuis vendredi, c'est la stratégie du président égyptien", explique Laurent Marchand dans Ouest-France."L'armée a été déployée, livrant aux caméras du monde entier un message ambivalent.Son rôle central est reconnu de tous, mais jusqu'où ira sa fidélité au Raïs ?", s'interroge-t-il "Les scènes de fraternisation devrait être un signal d'apaisement.Or, l'usage de balles réelles et le décompte des victimes indiquent clairement qu'au sommet, la volonté de réprimer la révolte est intacte."

"Même si elles se défendent d'une quelconque apparence d'ingérence, les capitales occidentales souhaitent une transition (...) en bon ordre", ce qui "implique que l'armée joue un rôle central" mais aussi "que le maintien du président Hosni Moubarak (...) ne peut plus être une priorité", considère Pierre Rousselin dans Le Figaro.

"En nommant vice-président et Premier ministre deux hauts gradés militaires, Moubarak a mis son sort et celui de l'�?gypte entre les mains de l'armée", insiste Patrick Fluckiger dans l'Alsace."En Tunisie, elle a joué un rôle primordial dans la chute de Ben Ali.En Egypte, elle est le dernier rempart du régime".

La Charente libre mise cependant sur un départ imminent du chef de l'Etat égyptien."Pratiquement lâché par Washington et cible principale des manifestants, Hosni Moubarak devrait rapidement sauter comme un fusible", écrit Dominique Garraud.Mais "le départ du vieux raïs, en retraite anticipée ou en exil, sera néanmoins encore insuffisant si l'armée, pivot du régime depuis six décennies, ne change pas radicalement de méthodes pour mener une transition en douceur"

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