Gambie: l'ex-président Jammeh accusé d'avoir fait "découper en morceaux" deux Américano-zambiens

Infos. D'anciens membres des "junglers", considérés comme l'équivalent des Escadrons de la mort en Gambie, ont accusé jeudi l'ex-président Yahya Jammeh d'avoir ordonné le meurtre de deux Américano-zambiens en 2013, après avoir avoué ceux d'un célèbre journaliste et de dizaines de migrants plus tôt dans la semaine.

Gambie: l'ex-président Jammeh accusé d'avoir fait "découper en morceaux" deux Américano-zambiens
Depuis lundi, les habitants de ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest pratiquement enclavé dans le Sénégal, suivent en direct et sont tenus en haleine par les auditions de trois ex-junglers, Malick Jatta, Omar Jallow et Amadou Badjie, devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC).Lors de la dernière journée d'interrogatoires de la semaine devant la TRRC, qui reprendra ses travaux le 5 août, le sergent-chef Amadou Badjie a affirmé que le chef de l'Etat leur avait ordonné en juin 2013 de "découper en morceaux" Alhajie Ceesay et Ebou Jobe, deux hommes d'affaires américano-gambiens qu'il soupçonnait de préparer un coup d'Etat.Les deux hommes ont été arrêtés et conduits à la résidence du président, dans son village de Kanilai, puis emmenés au fond de son immense jardin où ils ont été étouffés puis décapités et enterrés, selon Amadou Badjie, qui a participé à l'opération. "Nous étions l'équipe de choc de Yahya Jammeh, nous avions une confiance aveugle en lui", a-t-il expliqué. Arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, Yahya Jammeh s'était fait élire en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow. Les défenseurs des droits de l'Homme accusent son régime de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires, de disparitions forcées et de viols.Après six semaines d'une crise à rebondissements, Yahya Jammeh a finalement dû quitter son pays en janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire et diplomatique régionale. Adama Barrow avait indiqué début 2018 qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer sur une éventuelle demande d'extradition de son prédécesseur.

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