Sur la place Tahrir, la grande kermesse anti-Moubarak

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LE CAIRE (AFP)

Ils ont passé la nuit sur place ou arrivent par petits groupes en minibus et en taxi: les manifestants de la place Tahrir du Caire commencent la journée en scandant "Moubarak dehors" et en pendant aux feux rouges des effigies du président honni, dans une ambiance de kermesse.

Au milieu de la foule les enfants jouent à la guerre, tandis que les adultes échangent le bon mot du jour: "Moubarak s'en va, nous on reste"!La foule bat des mains devant deux mannequins représentant le raïs pendu par le cou.Sur sa cravate, il porte l'étoile de David; de ses poches dépassent des liasses de dollars.

De nombreux accès à la place Tahrir (place de la Libération), proche de plusieurs bâtiments gouvernementaux, sont gardés par l'armée, qui a promis lundi de ne pas faire usage de la force et accueille les manifestants avec sourires et poignées de main, tout en fouillant les sacs.

"Je resterai ici même s'il faut mourir.Toute ma famille sera fière de moi.L'armée de la place Tahrir, c'est nous!", lance Osama Alam, un avocat portant veste, jean et cravate.

"Nous sommes un pays pauvre, nous attendons du respect.Tous les Egyptiens attendent du respect", ajoute M. Alam, représentatif de ces classes moyennes en proie à de graves difficultés économiques et avides de libertés politiques qui ont fourni de gros bataillons à la révolte.

Nombreux sont ceux qui ont ont bravé le couvre-feu pour passer la nuit sur cette place devenue emblématique de la révolte qui secoue le pays depuis une semaine.D'autres arrivent par petits groupes en taxi ou en minibus.

Mohamed Suleiman, un ingénieur, s'insurge contre les déclarations du pouvoir affirmant que les islamistes des Frères musulmans manipulent le mouvement, auquel ils se sont ralliés tardivement.

"Il n'y a pas pas plus de 1% des gens ici qui soit avec les Frères musulmans.C'est Moubarak qui parle d'eux pour faire peur à l'Europe et aux Etats-Unis", affirme-t-il.

Un vieil homme qui ne veut pas donner son nom assure que "c'est la révolution des pauvres, à qui Moubarak et les siens volent l'argent, volent le travail.Les pauvres n'ont pas de quoi se loger, et la police leur tape dessus, les traite comme des chiens".

"Moubarak est un dictateur", résume-t-il.

Dans un coin, une vingtaine d'hommes improvise une ronde, reprenant en coeur les slogans d'un vieil homme appuyé sur une béquille: "Moubarak, Gamal (le fils du président), vous êtes des agents américains!" ou "Le peuple veut la chute du président!"

Mohamad Ibrahim, un professeur de 50 ans contraint de faire le taxi pour joindre les deux bouts, tient son fils adolescent par la main et crie sa colère.

"Je veux croire qu'il y a une raison pour que la statue de la Liberté soit à New York!Aidez-nous!Je ne veux pas que mon fils devienne un criminel!", braille-t-il.

A l'adresse des pays occidentaux, il ajoute: "N'ayez pas peur!Nous sommes pacifiques.Nous respecterons Camp David, nous ne ferons pas la guerre à Israël.Nous voulons juste vivre!"

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