Les Egyptiens se rassemblaient mardi au Caire par centaines de milliers pour une manifestation monstre à l'appel de l'opposition qui espérait réunir un million de personnes et faire plier le président Hosni Moubarak dont ils réclament le départ depuis une semaine.
L'armée égyptienne -l'un des deux piliers, avec la police, du régime autoritaire du président Moubarak au pouvoir depuis 30 ans- s'est engagée à ne pas faire usage de la force, jugeant les revendications du peuple "légitimes".
Le mouvement de contestation, du jamais vu depuis l'arrivée au pouvoir de M. Moubarak en 1981, a débuté le 25 janvier et a fait au moins 300 morts -selon un bilan non confirmé évoqué par l'ONU- et des milliers de blessés.
L'annonce lundi d'un nouveau gouvernement renouvelé de moitié et la proposition du vice-président Omar Souleimane de l'ouverture du dialogue avec l'opposition n'ont pas entamé la détermination des manifestants.
Malgré le couvre-feu, nombre d'entre eux ont passé la nuit sur la grande place Tahrir (place de la Libération), épicentre du mouvement, et mardi à midi ils continuaient à arriver par petits groupes, en minibus ou en taxi.
Les passants applaudissaient à la vue de deux mannequins représentant le raïs pendu, avec l'étoile de David sur sa cravate et des liasses de dollars dans les poches.
Couché par terre, faisant le mort, Tarik Chabassi, crie: "La liberté ou la mort!Je suis prêt à rester là dix, vingt ou trente ans.Mourir pour moi ne signifie rien, puisque je suis mort il y a trente ans, quand Moubarak est arrivé au pouvoir".
Des militaires accueillaient les manifestants avec le sourire tout en les contrôlant.
La ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez, a estimé que mardi était une "journée clé" pour l'armée égyptienne et souligné qu'elle "n'envisageait pas" une réaction violente des militaires.
Les médias officiels mettaient en garde mardi matin contre des "fauteurs de troubles qui tenteraient de semer la discorde entre l'armée et la population" et des "personnes se déguisant en soldats".
Des hélicoptères survolaient régulièrement le centre du Caire, et l'armée a fermé mardi matin les accès à la capitale et à d'autres villes.
L'autoroute reliant Alexandrie -la deuxième ville d'Egypte, sur la Méditerranée- au Caire était bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l'armée.Le trafic ferroviaire est interrompu depuis lundi sur décision des autorités.
A Alexandrie, des centaines de personnes avaient commencé en fin de matinée à se rassembler sur la place devant la gare de la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.
A Suez, quelque 2.000 personnes étaient rassemblées à la mi-journée sur la place Issaaf, dans le centre-ville, arborant des pancartes et des calicots appelant au départ du président Moubarak.
Les manifestants répondent aux appels d'organisations pro-démocratie issues de la société civile, soutenues par des personnalités comme le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, par une partie de l'opposition laïque et par les Frères musulmans, la force d'opposition la plus influente du pays.
M. ElBaradei a déclaré mardi à la chaîne satellitaire Al Arabiya que le président Moubarak devait quitter le pouvoir "d'ici vendredi".
Dans une interview au journal britannique The Independent, il a prévenu que si le président "veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir".
Mardi matin, le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt à aider l'Egypte à reconstruire son économie."Le FMI est prêt à aider à concevoir le type de politique économique qui pourrait être mise en place", a déclaré son directeur, Dominique Strauss-Kahn.
Au Caire, 50 organisations égyptiennes de défense des droits l'Homme ont appelé dans un communiqué le président Moubarak à "se retirer" du pouvoir.
Pour diffuser leurs appels, les manifestants comptaient sur le bouche-à-oreille, l'internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.Le dernier fournisseur d'accès à l'internet qui fonctionnait encore en Egypte a été bloqué lundi.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté le régime égyptien à "satisfaire sans hésitations la volonté de changement" de son peuple.
La Maison Blanche a appelé au calme avant les marches géantes prévues, en se disant satisfaite de la "retenue" dont ont fait preuve jusqu'à présent selon elle les forces égyptiennes.
Les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé à des "réformes démocratiques substantielles", et le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, a demandé une "transition pacifique".
En Iran, le chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi a estimé que la révolte en Egypte va aider à créer "un Moyen-Orient islamique" et a dénoncé les ingérences américaines dans le mouvement populaire "en quête de liberté".
Après une semaine de mobilisation sans relâche, les contrecoups économiques de la révolte se faisaient sentir.Les touristes, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, ont renoncé à venir.Banques et Bourse étaient fermées, le carburant manquait, et l'appel à la grève général était toujours en vigueur.
Après Moody's lundi, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran la note de l'Egypte
Les Egyptiens ont commencé à se rassembler par dizaines de milliers, mardi 1er février au Caire, dans une ambiance de kermesse pour une journée de manifestations monstres que l'opposition espère décisive, après une semaine de révolte sans précédent pour exiger le départ du président Hosni Moubarak.Durée: 01:34
Les Egyptiens ont commencé à se rassembler par dizaines de milliers, mardi 1er février au Caire, dans une ambiance de kermesse pour une journée de manifestations monstres que l'opposition espère décisive, après une semaine de révolte sans précédent pour exiger le départ du président Hosni Moubarak.Durée: 01:34
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