De nouvelles expertises sur les corps des deux otages enlevés en janvier à Niamey et tués au Mali ont permis de préciser les causes de leur décès: Vincent Delory est mort brûlé tandis qu'Antoine De Léocour a été exécuté par ses ravisseurs, selon le parquet.
Si les autorités françaises avaient rapidement rapporté qu'Antoine de Léocour avait été exécuté par ses ravisseurs d'un tir "à bout touchant", restait un doute concernant Vincent Delory, dont le corps avait été retrouvé en partie carbonisé et présentait plusieurs impacts de balles.
Un doute que semblent lever les expertises médico-techniques et balistiques réalisées depuis le rapatriement en France des corps, révélées jeudi par le parquet, qui dirige l'enquête préliminaire sur l'enlèvement au Niger par des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le décès des deux otages.
Leurs corps, les membres supérieurs liés, avaient été découverts à l'issue d'un violent affrontement au Mali entre les ravisseurs, qui avaient également fait prisonniers des gendarmes nigériens, et les forces spéciales françaises.
Reçue à Lille par le vice-procureur antiterroriste de Paris Olivier Christen, la famille de Vincent Delory s'est félicitée de la "transparence" du parquet, par la voix de son avocat Me Frank Berton.
Mais "il reste un tas de questions en suspens, des questions à poser sur la base de documents qui ne sont pour l'instant pas communiqués", selon Me Berton qui demande la nomination d'un juge d'instruction et dont les clients souhaitent se porter partie civile.
Faute d'expertise sur place, il est par exemple impossible pour l'heure de savoir si l'incendie qui a tué Vincent Delory a été causé par des balles du commando français.
Quatre véhicules avaient été impliqués, selon les enquêteurs, dont deux véhicules de ravisseurs qui ont intégralement brûlé.
S'agissant de M. Delory, l'expertise a démontré, selon le parquet, que sa mort n'était "pas en relation avec des plaies par arme à feu mais était à mettre sur le compte des effets thermiques dégagés par un foyer d'incendie".
Les expertises ont établi que M. Delory n'avait été "victime d'aucun tir direct", a ajouté le parquet."Un projectile de calibre .30 retrouvé dans sa fesse ne l'a atteint qu'après ricochets", poursuit-il, sans préciser la nature de l'arme utilisée.
Pour le parquet, "la plaie occasionnée n'ayant pas été hémorragique, cette munition ne peut avoir été la cause de la mort et a atteint Vincent Delory à un moment où celui-ci était soit déjà décédé, soit à un état avancé de son agonie".
"Cette munition a possiblement été tirée par une arme française, sans que soit connue, à l'heure actuelle, la capacité de l'Aqmi à disposer de telles munitions", dit le parquet.
Quant à M. De Léocour, il a été "victime d'un tir à très courte distance, voire à bout touchant, qui est la cause directe et unique du décès".
Aqmi avait renforcé les doutes sur les circonstances exactes de la mort des otages en affirmant le 15 janvier que l'un d'eux avait été tué par des frappes aériennes des forces françaises lors de la tentative pour les libérer.Aqmi avait confirmé avoir exécuté l'autre otage.
Des membres du parquet antiterroriste ont rencontré jeudi à Lille les familles des deux jeunes hommes, dont les obsèques ont été célébrées le 17 janvier en présence de M. Sarkozy.
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