L'homme d'affaires suisse Max Göldi, retenu en Libye depuis près de deux ans, a finalement quitté dimanche Tripoli, marquant un nouveau pas vers un début de normalisation entre les deux pays.
M. Göldi, libéré jeudi de prison, a pris l'avion quelques heures après la signature d'un accord permettant une sortie de crise née de l'arrestation musclée en juillet 2008 à Genève d'Hannibal Kadhafi, fils du dirigeant libyen, et de son épouse, accusés de maltraitance par leurs deux domestiques.
"Il a quitté la Libye à bord d'un vol avec escale" à destination de la Suisse, a indiqué à l'AFP son avocat Salah Zahaf, sans préciser le lieu de l'escale.
Selon les vols au départ affichés sur les écrans de l'aéroport de Tripoli, Max Göldi aurait pris un vol pour Tunis à bord d'un avion de Tunisair qui a décollé vers 22H00 locales (20H00 GMT).
M. Göldi a été précédé par les ministres des Affaires étrangères suisse Micheline Calmy-Rey et espagnol Miguel Angel Moratinos qui ont quitté Tripoli après un entretien avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en présence du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
Les deux ministres ont négocié avec les dirigeants libyens un accord permettant le départ de M. Göldi.
"Göldi va quitter (la Libye) aujourd'hui (dimanche)", avait annoncé Mme Calmy-Rey à la presse, après la cérémonie de signature du "plan d'action"."Ceci est un soulagement pour lui et pour nous.Mais aussi un début de normalisation des relations entre la Libye et la Suisse".
Après l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, les autorités libyennes avaient arrêtés en juillet 2008 Max Göldi et un autre homme d'affaires suisse, Rachid Hamdani.Hamdani a pu quitter la Libye le 23 février, mais M. Göldi a purgé une peine de quatre mois de prison pour "séjour illégal" en Libye avant d'être libéré.
Le "plan d'action", signé également par l'Espagne et l'Allemagne en tant que garants, stipule la constitution d'un "tribunal d'arbitrage" pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi.
Ce "tribunal d'arbitrage", qui se tiendra à Berlin, a déjà fait l'objet d'un accord entre Tripoli et Berne, mais les deux pays ne s'étaient pas entendus jusque-là sur son application.
Selon ce plan, la Suisse exprime par ailleurs ses "excuses" après la "publication illégale" des photos d'identité d'Hannibal Kadhafi au moment de son arrestation.Berne s'engage aussi à poursuivre en justice les responsables de cette fuite.
Selon le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa, la justice suisse "a donné raison à Hannibal et décidé une indemnisation de près de 1,5 million d'euros" pour la fuite des photos prises par la police lors de son arrestation et le montrant mal rasé, hirsute et l'air hagard.
Après l'arrestation de ses deux ressortissants, la Confédération helvétique avait décidé en 2009 de restreindre pour l'élite libyenne l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen -dont elle est membre associé-, impliquant ainsi l'Union européenne dans le contentieux.
Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et finalement une médiation de Bruxelles.
La Libye avait déjà pris en 2008 des mesures de rétorsion à l'encontre de Berne, retirant ses avoirs des banques suisses et expulsant les sociétés helvétiques installées en Libye, outre l'annonce de l'arrêt de ses exportations de pétrole vers la Confédération.
Tripoli a fini par annoncer en mars un "embargo économique total" sur la Suisse et Mouammar Kadhafi est allé jusqu'à appeler au jihad contre ce pays, après l'interdiction de la construction de minarets dans la Confédération.
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