"Le Président de la République a demandé la libération de plus de 330 personnes qui ont été arrêtées à cause des troubles que nous connaissons dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest", a déclaré le chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, à la tribune du Grand dialogue national sur la crise anglophone, qu'il préside à Yaoundé."Le président de la République (...) a décidé, ce jour, de l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre certaines personnes arrêtées et détenues pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest", lit-on également dans un communiqué de la présidence qui parle de "333 personnes concernées".Cette annonce est "une mesure d'apaisement" que M. Biya "a voulue pendant que nous continuons nos travaux", a précisé M. Ngute, applaudi debout par la plus grande partie des centaines de participants au Grand dialogue qui doit s'achever vendredi. Cette assemblée avait été convoquée il y a deux semaines par M. Biya, 86 ans dont près de 37 au pouvoir, pour tenter de mettre un terme au conflit entre des groupes armés indépendantistes de la minorité anglophone et l'armée, qui a fait plus de 3.000 morts en deux ans, selon les ONG.Mais, en cinq jours de débat seulement, en l'absence des leaders des principaux groupes séparatistes combattant qui la boycottent et parce que M. Biya avait d'emblée exclu même la proposition à minima d'un retour au fédéralisme, ce Grand dialogue national a très peu de chance d'aboutir à la paix, estiment unanimes politologues et experts du Cameroun. "Nous saluons la décision du président de relâcher 330 anglophones détenus, c'est un pas dans la bonne direction mais nous appelons à une amnistie générale pour tous ceux qui sont détenus et ceux de la diaspora qui font l'objet d'enquêtes", a déclaré à l'AFP l'avocat camerounais anglophone et défenseur des droits humains, Felix Agbor Nkongho, qui participe au grand dialogue national, ouvert lundi dans la capitale.Les combats, mais aussi les exactions commises contre les civils par les deux camps, ont fait également de nombreuses victimes parmi les civils dont plus d'un demi-million ont fui leurs domiciles depuis le début du conflit il y a deux ans, selon les ONG.Fin 2017, des revendications sociales des populations anglophones, qui s'estiment lésées par rapport aux huit régions francophones, se sont muées en un conflit meurtrier entre des groupes indépendantistes armés radicalisés et les forces de sécurité de l'Etat, resté sourd aux revendications. Certains anglophones réclament le retour au fédéralisme qui prévalait jusqu'en 1972, mais les plus radicaux exigent l'indépendance d'un territoire qu'ils ont déjà baptisé Ambazonie.
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