Zwelethu Mthethwa, artiste sud-africain, purge actuellement une peine de dix-huit ans de prison au Cap (sud-ouest) pour le meurtre en 2013 d'une prostituée, piétinée à mort. L'une de ses oeuvres, "La Fête de mariage", peinte en 1996, est actuellement exposée au Javett Art Centre de l'université de Pretoria.Scandalisée, l'organisation sud-africaine de défense de travailleurs du sexe, Sweat, a exigé son retrait par respect pour les "innombrables victimes de (...) féminicides"."Faire la promotion du travail d'un homme reconnu coupable du meurtre d'une femme dans le cadre d'une exposition, avec en toile de fond l'épidémie de féminicides (...) en Afrique du Sud, est un mépris absolu du traumatisme" subi par les femmes, a estimé l'association qui a lancé une pétition.Le texte a recueilli à ce jour quelque 800 signatures.L'université de Pretoria a jusqu'à présent refusé de retirer l'oeuvre qui fait partie d'une exposition intitulée "La Politique de l'innocence"."La Fête de mariage" représente deux hommes, dont le marié, se serrant chaleureusement la main, aux côtés de la mariée, totalement exclue de la conversation.Cette oeuvre met en évidence "la misogynie" de l'artiste, a estimé la responsable de l'exposition, Gabi Ngcobo. "Nous avons choisi cette oeuvre (...) car elle montre que son comportement violent ne venait pas de nulle part", a-t-elle ajouté dans un communiqué.Se plier à la demande de Sweat "équivaudrait à ignorer le débat sur les violences fondées sur le genre et faire taire les victimes et les survivants", s'est défendu le Javett Art Centre dans une lettre ouverte à l'organisation.En septembre, l'Afrique du Sud a été le théâtre d'une vague de manifestations après une série de féminicides qui ont défrayé la chronique.Plus de 30 femmes ont été tuées par leur conjoint pendant le seul mois d'août, selon la ministre des Femmes, Maite Nkoana-Mashabane, et la police a recensé une moyenne de 110 viols par jour l'an dernier.Devant ce constat accablant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un plan d'urgence contre ce fléau.
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