Le gouvernement sierra-léonais avait imposé début juillet une interdiction d'exportation du minerai de fer produit par SL Mining à Marampa, à une centaine de kilomètres de Freetown, lui réclamant notamment le paiement d'arriérés d'un million de dollars.Qualifiant la mesure de "tentative d'extorsion", SL Mining, qui avait repris l'extraction de minerai de fer de première qualité en juin, mais n'avait pu exporter que trois chargements, avait annoncé fin septembre qu'elle n'avait pas d'autre choix que de suspendre ses opérations, après le refus selon elle du gouvernement de se conformer à un arbitrage lui ayant donné raison devant la Chambre de commerce internationale (ICC) de Londres."Le gouvernement a annulé la licence de SL Mining pour plusieurs violations" de ses obligations, a indiqué le ministère des Mines dans un communiqué. "En dépit de plusieurs demandes faites à SL Mining et plusieurs réunions visant à assurer le respect par la société de la loi de 2009 sur les mines et de l'accord de licence de 2017, SL Mining persiste à refuser d'apporter des remèdes aux violations" de ses obligations, explique le ministère des Mines de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.Il précise que "le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour que SL Mining respecte ses obligations envers ses employés et ses fournisseurs", en assurant qu'il veillera à ce que "tous les Sierra-Léonais tirent le meilleur parti des ressources naturelles" du pays."SL Mining a toujours respecté et respecte ses obligations découlant de la loi et de ses contrats", a répliqué la société dans un communiqué, estimant la décision gouvernementale "contraire à la loi en vigueur et aux contrats"."SL Mining appelle le gouvernement à revenir immédiatement sur l'annulation (de la licence)", ajoute la société, faute de quoi elle cherchera à obtenir une "compensation pour les dommages causés évaluée à plus de 500 millions de dollars".Elu en mars 2018, le président Julius Maada Bio a mis en place une révision du secteur minier, estimant les concessions accordées par les régimes précédents à des sociétés étrangères n'avaient pas permis de suffisamment développer le pays, l'un des plus pauvres au monde.L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières, dont la plus importante d'entre elles pour le pays, le minerai de fer.
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