Les Capverdiens ont voté dimanche pour des législatives qui décideront du sort du parti socialiste au pouvoir depuis dix ans dans cet archipel ouest-africain présenté comme un modèle de démocratie et de bonne gouvernance en Afrique.
Les bureaux ont fermé à 18H00 (19H00 GMT) sur les neuf îles habitées du pays et les premières tendances étaient attendues dans la soirée, selon une source à la Commission nationale électorale (CNE).
Le scrutin, bien organisé dans des bureaux informatisés, s'est déroulé sans incident et un journaliste de l'AFP avait noté dans la matinée une forte affluence sur les lieux de vote dans la capitale Praia.
L'un des premiers à voter a été le président Pedro Pires, qui n'a qu'un rôle protocolaire dans cette démocratie parlementaire.
"Nous devons faire en sorte que ces élections soient exemplaires afin que tout le monde soit convaincu que les résultats qui en sortiront sont les vrais et acceptés par tous", a-t-il déclaré.
Nelson Veigas, électeur de 72 ans, a estimé que celui qui gagnera "doit se dire qu'il y a encore du chemin à faire pour sortir les Capverdiens de la pauvreté, trouver du travail pour des milliers de jeunes, un toit décent pour tous et surtout, avoir de la considération pour les gens du troisième âge".
Le scrutin a opposé principalement les deux grands partis qui dominent depuis vingt ans la vie politique de l'archipel, ex-colonie portugaise devenue indépendante en 1975.
José Maria Neves, 50 ans, Premier ministre et président du Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste), au pouvoir depuis dix ans, sollicitait un troisième mandat de cinq ans.
Son principal rival, Carlos Veiga, 61 ans, ancien Premier ministre et leader du Mouvement pour la Démocratie (MPD, libéral) qui ont dirigé le pays de 1991 à 2001, a placé sa campagne sous le signe du "changement" face au PAICV, ancien parti unique qui avait déjà été au pouvoir de 1975 à 1991.
En allant voter, tous deux ont appelé les Capverdiens à accomplir massivement leur devoir pour choisir celui qui les dirigera pendant les cinq prochaines années, une période "décisive" pour l'avenir et le développement du pays, ont-ils dit.
Pour se faire réélire, le PAICV et son dirigeant comptent sur un bilan économique flatteur: croissance moyenne de 6% au cours des dix dernières années, construction de nombreuses infrastructures, des ports, trois aéroports internationaux, des routes dans l'ensemble des 9 îles habitées de l'archipel.
Le MPD reproche au parti au pouvoir sa faible performance dans la lutte contre la chômage (17% selon l'opposition, 13% selon le gouvernement) et la faillite des politiques dans les secteurs de l'énergie et de l'habitat particulièrement.
Sous le gouvernement de M. Neves et du PAICV, le Cap-Vert a quitté en janvier 2008 la catégorie des pays les moins avancés pour celle des "pays à revenus intermédiaires".
L'archipel est largement dépendant de l'aide internationale et tire une partie de ses revenus des fonds envoyés par ses ressortissants émigrés, plus nombreux que leurs compatriotes vivant au pays: 700.000 (essentiellement aux Etats-Unis) contre 500.000.
Quelque 310.000 électeurs étaient appelés aux urnes dans l'archipel et à l'étranger pour élire 72 députés de treize circonscriptions, dix pour le territoire national et trois pour la diaspora (Amériques, Europe et reste du monde, Afrique).
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.