La prison centrale de Bukavu est "surpeuplée, les conditions de vie sont très difficiles" pour les détenus et "la rupture totale du stock des médicaments pour les soins des prisonniers explique le nombre élevé de 45 décès de janvier à ce jour", a dénoncé le syndicat du personnel soignant dans un memorandum adressé au gouverneur de la province du Sud-Kivu.En outre, "les prisonniers ne reçoivent pas de rations alimentaires adéquates" dans cet établissement où "325 cas de malnutrition aiguë" ont été enregistrés, ajoute le document consulté mardi par l'AFP. Le texte est signé par des médecins, infirmiers, pharmaciens, aumôniers catholiques et protestants, ainsi que par les gardiens.Le personnel soignant a en conséquence déclenché "une grève (...) depuis lundi 14 octobre", a indiqué à l'AFP Pamela Musimwa, cheffe de l'équipe médicale de la prison centrale de Bukavu. Cette grève consiste à "arrêter toutes les prestations des soins au profit des détenus, mais aussi toute autre intervention sanitaire dans cette maison carcérale", a-t-elle expliqué.L'objectif est de dénoncer "les mauvaises conditions dans lesquelles nous sommes obligés de travailler, mais aussi les ruptures intempestives en médicaments et matériels de prise en charge des détenus malades", a ajouté Mme Musimwa."Les revendications du personnel soignant sont fondées, mais la procédure utilisée n'est pas appropriée", a réagi José Ntumba, directeur de la prison centrale de Bukavu.Le gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi, a de son côté indiqué que la situation dans cet établissement pénitentiaire était "à l'étude".Construite à l'époque coloniale comme la grande majorité des prisons congolaises, celle de Bukavu a une capacité d'accueil de 350 détenus, mais la population carcérale y est actuellement de 1.850 prisonniers.
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