Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis d'opposition, de syndicats et d'associations de la société civile à l'origine des manifestations, avait appelé les Guinéens à observer une "journée ville-morte" sur l'ensemble du territoire.Aucun tir d'armes à feu ou de grenades lacrymogènes n'a été entendu par un correspondant de l'AFP dans les fiefs de l'opposition en banlieue où la tension avait été la plus vive, dont les quartiers de Hamdallaye, Bambéto, Cosa, Wanidara et Sonfonia.Des jeunes manifestants tenaient néanmoins toujours des barrages sur certaines portions de la route Le Prince, qui traverse Conakry, mais les forces de sécurité étaient nettement moins visibles que la veille. Les accès au quartier des affaires, de la présidence et des ambassades de Kaloum, étaient également toujours filtrés, mais les gendarmes et policiers ont remplacé les "bérets rouges" de l'armée, selon la même source.Le responsable d'un important établissement bancaire a affirmé que "de 40 à 50%" de ses effectifs étaient présents, contre à peine 10% la veille. Des boutiques d'alimentation ont également rouvert par endroits.L'opposition et la société civile militent depuis des mois contre un projet de nouvelle Constitution, évoqué par le pouvoir, qui permettrait à Alpha Condé, 81 ans, de se présenter fin 2020 pour un troisième mandat. Leur nombre est actuellement limité à deux.Le FNDC a dénombré 10 morts côté manifestants, 70 blessés par balle et de près de 200 arrestations depuis lundi. Selon les autorités, qui assimilent ces "manifestations non-autorisées" à une "action de déstabilisation de l'Etat" et dénoncent une "sérieuse menace pour la sécurité nationale", le bilan est de neuf morts, dont un gendarme.Le procès de huit dirigeants du FNDC interpellés samedi doit reprendre vendredi. Ces figures de la société civile, qui plaideront non-coupable selon leurs avocats, encourent de 3 à 5 ans de prison. Trois autres procès de manifestants interpellés cette semaine se sont ouverts à Conakry et dans les villes de Mamou et Kindia."L'insuffisance de dialogue (...) provoque une escalade de la tension avec des recours à la violence, susceptible de porter gravement atteinte aux acquis démocratiques", dans ce pays pauvre malgré ses importantes ressources minières, à la stabilité incertaine, coutumier des protestations et des répressions violentes, a averti mercredi la communauté internationale en appelant à la reprise du dialogue.Ancien opposant historique ayant connu la prison, porteur d'espoir quand il est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, le président Condé est accusé par l'opposition de vouloir se maintenir à tout prix au pouvoir.
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