"On encourage à la poursuite de cette dynamique, de ce climat, de ce souffle bienvenu. Tout cela n'est pas un point d'achèvement mais une étape importante", relève-t-on dans l'entourage du ministre.Le président camerounais a créé la surprise début octobre en faisant libérer une centaine d'opposants, dont son rival à la présidentielle de 2018 Maurice Kamto, quelques heures après la clôture du Grand dialogue national censé mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones du pays. Le président français Emmanuel Macron a qualifié de "signal fort" la remise en liberté de M. Kamto et d'une centaine de membres de son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui avaient été arrêtés fin janvier à la suite de manifestations pacifiques organisées pour protester contre les résultats de la présidentielle.Le chef de la diplomatie française rencontrera le président Biya et les chefs des partis représentés au Parlement, y compris d'opposition - aucune précision n'a été donnée sur l'éventuelle présence de M. Kamto - ainsi que des "acteurs du dossier anglophone" mercredi à Yaoundé, a-t-on indiqué."Il faut que tous les acteurs politiques puissent regarder maintenant vers le futur, notamment les échéances électorales de l'an prochain qui sont nombreuses", souligne-t-on à Paris.Le pouvoir a aussi organisé un "Grand dialogue national" avec l'ambition affichée de dénouer le conflit meurtrier qui sévit dans l'ouest du pays où, depuis deux ans, des séparatistes anglophones et l'armée se livrent une guerre sans merci, prenant en tenaille la population et dans laquelle plus de 3.000 personnes ont déjà trouvé la mort, selon des ONG.Ce "grand dialogue national" a proposé de définir un "statut spécial" pour les deux régions anglophones, visant à leur concéder un peu plus d'autonomie politique et financière, mais dont les contours sont encore flous.Jean-Yves Le Drian va proposer "une coopération, une assistance technique" dans la définition de ce statut spécial, a-t-on précisé dans son entourage.La France est aussi prête à "utiliser une partie de son aide au développement pour la poursuite du processus de décentralisation au Cameroun", notamment dans les zones anglophones, a-t-on ajouté de même source. M. Le Drian rencontrera par ailleurs des chefs d'entreprises français et camerounais à Douala, la capitale économique du pays.Le ministre assurera aussi le Cameroun du soutien et de la "coopération sécuritaire" de la France dans la lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram. Deux personnes ont encore été tuées le 9 octobre dans une attaque de cette organisation dans le nord du pays.En dix ans, l'insurrection de Boko Haram et sa répression ont fait 35.000 morts et environ deux millions de déplacés. Débuté dans le nord-est du Nigeria, le conflit s'est étendu au Niger, au Tchad ainsi qu'au Cameroun.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.