Entamé dès la clôture des bureaux de vote, le dépouillement s'est lentement poursuivi toute la journée.En fin d'après-midi, le gouvernement avait publié sur son compte Twitter les résultats d'une petite dizaine de circonscriptions.
A la tête du pays depuis 1966, le Parti démocratique du Botswana (BDP) du président sortant Mokgweetsi Masisi est menacé de perdre sa majorité absolue au Parlement, pour la toute première fois de son histoire.
Jusque-là loué pour ses pratiques démocratiques et sa stabilité exemplaires, ce vaste pays d'Afrique australe riche en diamants et en éléphants sauvages est agité par une guerre fratricide entre M. Masisi et son prédécesseur.
Président du pays de 2008 à 2018, Ian Khama accuse l'actuel chef de l'Etat, qu'il a lui-même installé dans son fauteuil, de dérive autoritaire."Nous avons des dirigeants devenus ivres de pouvoir", a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP.
Résolu à lui faire mordre la poussière, il a claqué la porte du BDP, créé un nouveau parti qui a présenté des candidats dans 19 des 57 circonscriptions ou appelé à voter pour l'opposition.
Cette fronde fragilise aujourd'hui la position électorale dominante du parti au pouvoir.
Le BDP avait déjà réalisé le plus mauvais score de son histoire aux élections générales de 2014 en tombant sous la barre symbolique des 50% des voix.
- "Craintes" -
En votant dans son village natal de Moshupa (sud) mercredi, M. Masisi a concédé que lui et son parti étaient confrontés à leur "élection la plus serrée"."On doit gagner", s'est-il toutefois empressé d'ajouter, "j'en suis aussi sûr que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest".
Un porte-parole de la Commission électorale indépendante (IEC), Osupile Maroba, a indiqué que le nom du futur président du pays pourrait être annoncé dès jeudi soir.
Le vainqueur est traditionnellement proclamé sitôt que son parti a remporté la moitié des sièges du Parlement.Faute de majorité absolue, le Parlement se réunit pour élire le chef de l'Etat.
Jusque-là cantonnée dans l'opposition, la Coalition pour un changement démocratique (UDC) espérait prendre sa revanche.
"Nous vivons un moment épique", s'est exalté mercredi son chef, Duma Boko, en votant dans la capitale Gaborone."Il est possible que nous soyons à l'aube d'un jour totalement différent, d'un avenir totalement différent".
Le parti a toutefois fait état d'incidents et d'anomalies dans le déroulement du scrutin.
"Il semble que nos plus grandes craintes soient devenues réalité, que ces élections ne seront pas équitables", a indiqué l'UDC dans la nuit de mercredi à jeudi, dénonçant des "irrégularités généralisées" dont les "retards inutiles" des opérations dans certains bureaux de vote.
La Commission électorale a répondu jeudi matin n'avoir encore reçu aucune plainte formelle.Elles doivent être déposées dans les trente jours suivant la proclamation des résultats.
Des dizaines de partisans du BDP et de l'UDC, parés des couleurs de leur parti et bardés de pancartes, les attendaient jeudi matin devant la mairie du quartier de Bontleng, dans la capitale Gaborone, en trompant leur impatience par des chants et des danses dans une ambiance bon enfant.
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