L'Etat de Côte d'Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s'opposer à la libération sans condition de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d'un appel de la procureure Fatou Bensouda.C'est "une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure", a affirmé Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d'opposition "Ensemble pour la démocratie et la souveraineté" (EDS)."Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n'ont eu cesse de manipuler la procureure". "Le procès n'est rien d'autre qu'une cabale politique pour écarter un adversaire", à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d'une conférence de presse.Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement Sidi Touré a décliné tout commentaire. Par ailleurs, M. Assoa Adou a confirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l'ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11. Il s'agissait alors pour chaque clan qui revendiquait la victoire à la présidentielle de mettre la main sur l'argent de l'Etat ivoirien. "Ils veulent l'empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S'ils veulent l'arrêter, ils l'arrêteront. On verra bien ce qui se passera", a commenté hors micro à l'issue de la conférence de presse un proche de M. Gbagbo. Dans l'attente de la décision de la CPI après l'appel de la procureure, M. Gbagbo réside à Bruxelles. M. Gbagbo et Charles Ble Goudé, ancien chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes, ont été jugés pour crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire, avant d'être acquittés et libérés sous conditions.L'éventuel retour de Laurent Gbagbo dans son pays avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer de l'actualité ivoirienne, dans un contexte tendu.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.