M. Vaz, président sortant de Guinée-Bissau, élu en 2014, continue de défier la communauté internationale en maintenant le gouvernement qu'il a formé jeudi. Il avait limogé le 28 octobre le Premier ministre, Aristides Gomes, et son gouvernement, avant de nommer le lendemain 29 octobre Faustino Imbali, nouveau chef de gouvernement avec une équipe de 17 ministres et 14 secrétaires d'Etat.M. Gomes avait, après son limogeage, dénoncé "un coup d'Etat en préparation pour arrêter le processus de préparation de l'élection présidentielle du 24 novembre".Une délégation de la Cédéao (15 Etats), conduite par le ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao, a dénoncé "le caractère illégal du décret démettant le gouvernement (d'Aristides Gomes) dans un contexte de fin de mandat constitutionnel et par rapport aux décisions du sommet d'Abuja du 29 juin 2019", dans une déclaration lue dimanche à Bissau par le président de la commission de l'organisation, Jean-Claude Brou.Lors de cette réunion du 29 juin, tenue après l'expiration du mandat de cinq ans du président Vaz le 23 juin, la Cédéao avait décidé qu'il resterait à la tête du pays mais "laissera la conduite des affaires au gouvernement", devant alors être constitué, jusqu'à la tenue de la présidentielle.- Sanctions individuelles -"Tous ceux qui engageront des actions contraires à la tenue effective des élections s'exposeront à des sanctions individuelles", a indiqué M. Brou."Je ne reviendrai jamais sur ma décision", a répliqué le président Vaz, lors d'un meeting de campagne dimanche à Pitche, à 240 km à l'est de Bissau. "Je suis le commandant en chef des forces armées. Je convoquerai dès mon retour à Bissau le conseil supérieur de la défense, la plus haute instance militaire du pays", a-t-il poursuivi, laissant entendre qu'il était prêt à poursuivre le bras de fer avec la communauté internationale.Le président Vaz a également dit n'avoir rencontré dimanche qu'un seul membre de la délégation de la Cédéao, à qui il a exprimé son refus de rapporter la mesure de limogeage, sans dévoiler son identité."Mon gouvernement est le seul légitime reconnu par la communauté internationale. Je poursuis mon travail qui est d'organiser les élections (la présidentielle) à la date prévue", avait de son côté indiqué dimanche à la presse Aristides Gomes.Les émissaires de la Cédéao se sont entretenus dimanche avec le président Vaz, des diplomates africains, européens et onusien à Bissau, des représentants de partis représentés à l'Assemblée et de la Commission électorale.Mais ils n'ont pas rencontré le nouveau Premier ministre nommé par M. Vaz, Faustino Imbali. Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé vendredi au respect de la date de la présidentielle en Guinée-Bissau, en rejetant le changement de gouvernement décidé par son président.La Cédéao, l'Union africaine et l'Union européenne avaient également déjà désavoué le président Vaz. Ce dernier a assuré que la présidentielle aurait bien lieu le 24 novembre, avec un éventuel deuxième tour le 29 décembre.La campagne électorale a été ouverte samedi et aura lieu jusqu'au 22 novembre, avec douze candidats en lice dont M. Vaz, 62 ans, et son ancien Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef de la majorité menée par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).Depuis son indépendance conquise de haute lutte en 1974, l'ancienne colonie portugaise va de putschs en tentatives de coup d'Etat, et d'un gouvernement à l'autre.
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