Ouganda: inculpation de 67 personnes arrêtées dans un bar pour LGBT

Infos. Soixante-sept personnes arrêtées dimanche dans un bar pour LGBT de Kampala ont été inculpées mardi pour "nuisances générales" et maintenues en prison, une procédure visant, selon les défenseurs des droits de l'Homme, à intimider les membres de la communauté LGBT.

Ouganda: inculpation de 67 personnes arrêtées dans un bar pour LGBT
Dimanche, la police et des soldats avaient effectué une descente au Ram Bar, un établissement du centre de Kampala populaire auprès de la communauté LGBT de ce pays où l'homophobie est très répandue, et avaient arrêté 125 personnes. Cinquante-huit ont depuis été libérées.Le porte-parole de la police ougandaise, Patrick Onyango, a assuré à l'AFP que les autorités ne savaient pas que ce bar organisait une soirée LGBT le soir de cette descente, soutenant que cette dernière visait l'usage de tabac, interdit dans les lieux publics, ainsi que d'opium.Les 61 hommes et 6 femmes présentés mardi devant un juge de Kampala ont été inculpés pour "nuisances générales", soit un chef d'inculpation très vague, soulignent les avocats de la défense, qui se plaignent en outre de ne pas avoir pu s'entretenir avec leurs clients."Leurs droits n'ont pas été respectés", a déclaré Patricia Kimera, une avocate des droits de l'Homme représentant plusieurs des accusés. "Ces gens ont été surpris en train de s'amuser dans un bar, il n'y a aucune preuve démontrant qu'il est question de nuisances générales".Selon Clare Byarugaba, de l'organisation ougandaise de défense des droits de l'Homme Chapitre 4, "la police savait qui elle visait". "C'est une persécution de tout espace vu comme étant ouvert aux LGBT"."Le but était d'intimider et de faire peur aux LGBT", a-t-elle ajouté.Les relations dites "contre nature" sont passibles de la détention à perpétuité en Ouganda en vertu d'une loi datant de la colonisation britannique.Harcèlement et intimidations sont le quotidien des homosexuels dans ce pays où s'est développé un christianisme évangélique particulièrement véhément à l'égard du mouvement LGBT.En octobre, seize militants ougandais LGBT ont été soumis à des tests anaux forcés après avoir été arrêtés, puis ensuite remis en liberté, selon la principale organisation de défense des droits des homosexuels du pays, Sexual Minorities Uganda (SMUG).

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