L'ex-Premier ministre Martin Ziguélé, parlant au nom de 3 des 4 candidats de l'opposition à la présidentielle du 23 janvier, a affirmé mardi à l'AFP que la Commission électorale indépendante (CEI) n'avait pas comptabilisé quelque 1.200 bureaux de vote représentant 25% des voix.
"La CEI n'a pas pris en compte 1.262 bureaux de vote sur les 4.618.Cela représente 400 à 500.000 voix, soit 25% des voix" lors du scrutin présidentiel, a affirmé M. Ziguélé, joint depuis Libreville.
L'opposition conteste les résultats du scrutin qui n'ont pas encore été validées après la Cour constitutionnelle.
"Nous étions surpris quand on nous a annoncé une participation de 54% et que partout, les observateurs sont d'accord, l'affluence avait été massive.Maintenant, on comprend", affirmé M. Ziguélé.
"On ne s'étonne plus que François Bozizé soit élu avec 66,08% des voix", a poursuivi M. Ziguélé, arrivé 3e de la présidentielle avec 6,46% des voix.
"En réalité, il n'y a pas eu de perte de votes", a affirmé Me Mathias Barthelemy Morouba, conseiller juridique de la CEI.
"Tous les procès-verbaux ont été acheminés à la CEI et c'est après vérification, que la CEI a décidé" de transmettre "à la Cour constitutionnelle les procès-verbaux de certains bureaux de vote parce que les normes requise par la CEI n'ont pas été respectées", a-t-il ajouté.
M. Ziguélé ainsi que l'ancien président renversé par Bozizé en 2003, Ange-Félix Patassé (2e avec 20,10% des suffrages) et le député et économiste Emile Gros-Raymond Nakombo (4e avec 4,64%) ont cosigné vendredi, une déclaration dans laquelle ils affirment que "le scrutin du 23 janvier a été volontairement vicié du fait exclusif du pouvoir et de la CEI" et font part de "leur exigence d'annulation des élections".
Dans cette déclaration, ils soulignent: "nos représentants ont été interdits d'accès ou chassés de la plus grande partie des bureaux de vote dans tout le pays.Là où ils ont pu nous représenter, les procès- verbaux leur ont été dans la plupart des cas, purement et simplement refusés".
"Le pasteur Joseph Binguimalé (président de la CEI) a demandé (...) aux présidents des bureaux de vote de ne pas remettre les PV à nos représentants et de les lui envoyer en exclusivité, sous peine de poursuite judiciaire à leur encontre", soulignaient-ils..
"Il était matériellement impossible aux candidats, relégués au rang de spectateurs d'un mauvais film de série B (...) de savoir d'où venaient les résultats, et ce qu'ils représentaient en terme de nombre de bureaux de vote", selon le texte.
Mardi, l'opposition a aussi déposé plainte contre le président de la CEI pour "fraude" et "dérive électorale", a affiém M. Nakombo à l'AFP.
Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.Ce scrutin devait être l'aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.
La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d'instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.
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