"Cinq chefs de village de la région de Tillabéri (ouest) ont été tués entre jeudi et aujourd'hui (samedi) par des hommes armés. Ils les ont assassinés aussitôt qu'ils les ont enlevés", a expliqué à l'AFP un député de Tillabéri sous couvert de l'anonymat.Des villageois ont confirmé ses propos à l'AFP."Avant-hier (jeudi nuit) trois chefs ont été tués et tout de suite nous venons d'apprendre que deux autres viennent d'être tués, ce qui fait cinq chefs de village tués" en trois jours, a déploré le parlementaire. "Dans la nuit de jeudi à vendredi, des assaillants sont venus entre 04H00 et 07H00 locales (03H00 et 06H00 GMT) et ont tué les deux chefs de Tchémoubongou et Zaroum-Daray, puis ont enlevé trois personnes dans d'autres villages dont des chefs", a indiqué vendredi soir un villageois à l'AFP. "Nous pensons qu'ils s'en prennent désormais à tous ceux qui ne veulent plus collaborer avec eux", a-t-il ajouté."La stratégie de l'EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara) est d'en finir avec la chefferie traditionnelle (très influente au Niger) dans les zones frontalières. C'est une façon de vider la zone de la présence effective de l'Etat à travers cette représentation pour s'installer et imposer sa loi", avait expliqué à l'AFP récemment une source sécuritaire.Le 13 novembre, Ali Maïnassara, le chef de Boni, un village du département d'Ayérou (Tillabéri), a été assassiné après avoir été enlevé par des ravisseurs armés, selon ses proches.Entre avril et juillet, au moins trois chefs traditionnels et quatre responsables touaregs ont été tués dans des attaques attribuées à l'EIGS par des sources sécuritaires.Les villages ciblés cette semaine par les assaillants sont situés dans le département d'Ouallam, frontalier du Mali, qui abrite également le village de Tongo Tongo où quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués le 4 octobre 2017 dans une embuscade revendiquée par l'EIGS.Après l'attaque de Tongo Tongo, les autorités avaient arrêté le chef du village pour "complicité avec les assaillants". Il a été accusé d'avoir "retardé de quelques minutes une réunion" entre des chefs locaux et une partie des soldats américains, "ce qui a permis l'arrivée des assaillants" et "favorisé l'embuscade" meurtrière, avait affirmé à l'AFP une source sécuritaire."Au regard de la situation d'insécurité très aiguë", le ministère nigérien de l'Intérieur avait interdit fin octobre tout déplacement sans escorte militaire aux ONG internationales dans plusieurs zones des régions de Tillabéri et de Tahoua (ouest), victimes d'attaques de groupes jihadistes venus du Mali.Les attaques jihadistes ont contraint des milliers de civils à fuir leur village pour se réfugier plus au sud, selon les ONG. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a dénombré fin octobre 78.044 déplacés internes dans les régions de Tillabéri et de Tahoua.
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