Le Chama Cha Mapinduzi (CCM) du président John Magufuli a notamment remporté plus de 99% des quelque 16.000 postes de chef de rue et de village mis en jeu lors de ces élections, organisées un an avant les élections nationales, selon des chiffres officiels."Dans la plupart des cas, les candidats du CCM n'avaient pas d'adversaires", a déclaré lors d'une conférence de presse à Dodoma le ministre de l'Administration régionale et des Gouvernements locaux, Seleman Jaffo.Il a toutefois précisé que dans certains cas rares, des candidats d'opposition avaient remporté leur élection locale car ils ne s'étaient pas officiellement retirés des listes des candidats.Les chefs de villages et chefs de rues jouent un rôle essentiel dans l'organisation des réunions publiques. Jouissant d'importants pouvoirs, ce sont eux aussi qui, par exemple, autorisent l'accès des personnes âgées aux soins médicaux gratuits.Le Chadema, principal parti de l'opposition, avait décidé début novembre de ne pas participer au scrutin, expliquant que ses candidats étaient victimes d'intimidation ou de règlements dont le but était de bloquer leur candidature. Cinq petits partis se sont joints au boycottage.Selon le Chadema, des militants ont été kidnappés et battus et l'un d'entre eux a accusé les autorités d'être derrière une attaque à l'arme à feu en 2017. Selon le parti, plusieurs ont disparu et ont été assassinés.Le président du Chadema, Freeman Mbowe, avait déclaré que son parti ne souhaitait pas "cautionner une telle tricherie électorale". "Continuer à participer à des élections de ce genre, c'est légitimer l'illégalité", avait-il dit.Dans la capitale économique, Dar es Salaam, plusieurs bureaux de vote n'ont pas ouvert car les candidats du parti au pouvoir étaient seuls en lice et ont été élus automatiquement, a rapporté un journaliste de l'AFP. Le scrutin n'a pas non plus été organisé, pour la même raison, dans quatre des 26 régions de la Tanzanie continentale.Lors des élections locales précédentes de 2014, le CMM de M. Magufuli avait remporté les trois quarts des quelque 12.000 postes de chefs de village et rues alors à pourvoir. Le Chadema avait obtenu 15% de ces postes.Les prochaines élections nationales sont fixées à la fin 2020. Le président John Magufuli, au pouvoir depuis 2015, devrait être candidat à sa succession pour un nouveau mandat de cinq ans, selon de nombreux observateurs tanzaniens.Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé fin octobre un recul inédit des libertés fondamentales en Tanzanie depuis l'arrivée au pouvoir de M. Magufuli, dont le gouvernement a multiplié les actions répressives contre les médias, la société civile et l'opposition.
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