Les voisins du Soudan du Sud accusés de ne pas s'engager pleinement pour la paix

Infos. Les voisins du Soudan du Sud, en particulier le Kenya et l'Ouganda, ne se sont pas engagés pleinement en faveur de la paix dans ce pays en guerre civile depuis décembre 2013, estime un panel d'experts de l'ONU dans un rapport publié mardi.

Les voisins du Soudan du Sud accusés de ne pas s'engager pleinement pour la paix
"Pendant l'année écoulée, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad, l'organisation régionale chargée de la médiation entre le gouvernement et les rebelles sud-soudanais) et les États membres voisins du Soudan du Sud, spécifiquement l'Éthiopie, le Kenya, le Soudan et l'Ouganda, n'ont pas démontré leur plein et constant engagement dans le processus de paix", écrivent ces experts."Le gouvernement (sud-soudanais), en particulier, a bénéficié de l'approche inconsistante de la région", ajoute-t-ils, reprochant à ces pays de n'avoir "pas constamment fait respecter l'embargo sur les armes, le gel des avoirs et les interdictions de voyager à l'égard des individus sous le coup de sanctions".Le rapport pointe du doigt en particulier le rôle du Kenya et de l'Ouganda. Ce dernier est accusé d'avoir par ses interventions dans les négociations "encouragé les positions intransigeantes du gouvernement en place".Le panel explique surtout avoir "reçu de multiples informations crédibles sur la présence de (l'armée ougandaise) dans plusieurs endroits de l'État de Yei (sud), dont un déploiement en octobre 2019".L'Ouganda, qui avait envoyé des troupes en 2013 au Soudan du Sud pour soutenir le gouvernement du président Salva Kiir, avant de s'en retirer officiellement à la fin 2015, a régulièrement été accusé d'ingérences dans ce pays.Le Kenya, pour sa part, se voit reprocher de ne pas avoir fait respecter le gel des avoirs et les interdictions de voyager prévues contre des personnalités sud-soudanaises dans le cadre de sanctions prises par le Conseil de sécurité de l'ONU.Le rapport note que deux responsables militaires sud-soudanais ciblés par ces sanctions, Paul Malong, ex-chef d'état-major aujourd'hui à la tête d'un groupe rebelle, et Malek Reuben Riak, ex-chef d'état-major adjoint, disposent d'avoirs dans plusieurs banques kényanes.Les experts disent avoir "demandé des informations sur ces comptes mais, à ce jour, (n'avoir) reçu aucune réponse des banques concernées".Ils ajoutent avoir des "informations recoupées" montrant que Paul Malong a voyagé de Nairobi à Johannesbourg en juillet 2019, sur un vol Kenya Airways. A cette occasion, il voyageait avec un passeport diplomatique ougandais.Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en 2013, deux ans après son indépendance du Soudan, lorsque le président Kiir, un Dinka, a accusé son ancien vice-président Riek Machar, membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.Le conflit, marqué par des atrocités de masse, a fait selon une estimation quelque 380.000 morts et contraint 4 millions de personnes à fuir leurs foyers.

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