La nouvelle législation pour "l'interdiction des discours de haine" débattue à l'Assemblée et qui a provoqué une levée de bouclier au sein d'organisations de la société civile, pourrait être punissable par la peine de mort. La loi sur "la manipulation et la propagation de fausses information sur internet" donnerait aux autorités le pouvoir de suspendre internet, de fermer certains médias et prévoit une peine allant jusqu'à trois ans de prison. "Nous demandons aux autorités nigérianes d'abandonner ces législations, qui peuvent être interprétées de manière beaucoup trop large et entraînent des sanctions absolument disproportionnées", a dénoncé Seun Bakare, responsable des programmes pour Amnesty International Nigeria. "Les journalistes et les blogueurs sont déjà intimidés, la loi sur les "actes criminels en ligne" ainsi que sur la "lutte contre le terrorisme" ont déjà diminué l'espace de la liberté expression et créé un climat de peur" au sein des médias, a fait savoir l'ONG dans un communiqué publié mercredi. La loi contre les discours de haine, présentée par deux sénateurs du parti au pouvoir et soutenue par la présidence, a provoqué une forte contestation au sein de la population nigériane, qui craint un retour aux années sombres des dictatures militaires. Le président Muhammadu Buhari, réélu pour un second mandat en février avait été le premier candidat de l'opposition à remporter une élection présidentielle en 2015, marquant un tournant important dans le retour à la démocratie de ce géant de près de 200 millions d'habitants. Ancien général, il avait toutefois déjà dirigé le pays en 1983 après un coup d'Etat, et est réputé pour son intransigeance et sa fermeté.
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