Le plus jeune, Mohamed Sylla, avait 15 ans, le plus âgé, Amadou Oury Barry, 32 ans, les autres, une vingtaine d'années, selon le Front national de défense de la Constitution (FNDC), qui mène la contestation contre l'ambition prêtée à Alpha Condé de modifier la loi fondamentale afin de briguer un troisième mandat l'an prochain.Trois d'entre eux ont été tués le 4 novembre, lorsque les obsèques de manifestants morts précédemment ont dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Les cinq autres dix jours plus tard, lorsque les participants à une manifestation de masse ont tenté de dévier de l'itinéraire fixé par les autorités.La Guinée, petit pays d'Afrique de l'Ouest de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis le 14 octobre à une intense contestation.Dans la cour de l'hôpital de l'Amitié sino-guinéenne, un imam a prononcé une courte prière pour les défunts, devant des dizaines de femmes en pleurs, selon un correspondant de l'AFP.Le coordinateur national du FNDC, Abdourahamane Sanoh, en liberté provisoire dans l'attente de son procès en appel, a ensuite dénoncé l'immunité des forces de l'ordre."Nous avons perdu 25 de nos compatriotes, tués par les forces de l'ordre qui ne sont jamais inquiétées. Ne pas aller jusqu'à la victoire finale serait trahir la mémoire de toutes ces victimes", a-t-il ajouté, alors qu'une nouvelle manifestation est prévue le 10 décembre. Le cortège funèbre, qui s'est agrandi jusqu'à compter plusieurs milliers de personnes, a ensuite rallié la grande mosquée de Bambeto, puis le cimetière de ce quartier favorable à l'opposition où sont déjà enterrés des dizaines de personnes tuées au cours de manifestations ces dernières années."Huit de nos compatriotes ont été arrachés à l'affection de leurs proches dans la fleur de l'âge par des agents irresponsables et irrespectueux de la démocratie, sous la bénédiction d'un pouvoir assassin", a déclaré le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo.Les forces de l'ordre, déployées aux alentours de l'hôpital et sur plusieurs point de l'itinéraire, sont cette fois restées discrètes.Le ministre de la Sécurité, Albert Damantang Camara, interrogé vendredi par un groupe de journalistes, a dénoncé ceux qui "par le truchement des discours politiques exploitent ce genre de situations"."Il faut chercher à savoir à qui profite le crime. Qui a intérêt à ce qu'il y ait des morts dans les manifestations? Qui a intérêt à ce qu'il y ait de la tension entre les populations et les forces de police? Ce n'est pas le gouvernement", a-t-il affirmé, en pointant du doigt la responsabilité de l'opposition.
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