"Même pas une goutte pour nous laver le matin", ajoute avec dépit Paul Birane Diop, en secouant un bidon vide, alors que dans sa rue, une voisine revient du magasin avec deux bouteilles d'eau minérale, faute d'eau courante disponible depuis lundi.Un responsable de la SDE le confirme: l'absence de certains travailleurs, en grève, a pour conséquence que "plusieurs quartiers de Dakar sont sans eau". "Des postes de travail exigent une présence humaine permanente, mais avec la grève, certaines tâches liées à la production, la distribution de l'eau et l'entretien des installations ne sont plus assurées", a-t-il précisé vendredi à l'AFP.Le gouvernement du président Macky Sall a critiqué avec virulence le mouvement, dénonçant "des actes de sabotage opérés à travers notamment l'occupation de sites, la fermeture de vannes, l'arrêt d'installations de traitement d'eau, des actes destinés à perturber la distribution normale de l'eau et prendre les populations en otage", selon un communiqué publié mercredi.Ce mouvement d'humeur intervient alors que le secteur s'apprête à connaître un changement majeur le 31 décembre.Assurée depuis 1996 par la SDE (dont l'actionnaire majoritaire est le groupe franco-africain Eranove, aux côtés d'actionnaires sénégalais à hauteur de 42,2%), la distribution d'eau va passer aux mains du nouveau groupe Eau Sénégal, dominé par le français Suez avec 45% des actions, qui a promis de reprendre l'ensemble du personnel.C'est justement à propos de la répartition du capital de cette nouvelle société que les travailleurs de la SDE ont déclenché leur grève le 2 décembre. Alors qu'il était prévu qu'ils détiennent 5% des actions (25% sont détenus par des investisseurs sénégalais et 25% par l'Etat), les 1.200 salariés réclament une part de 10%, selon le secrétaire-général du Syndicat autonome des travailleurs de la Sénégalaise des eaux (SAT-SDE), Elimane Diouf.Le gouvernement affirme avoir déjà fait une concession importante en acceptant de porter les parts des salariés de la SDE de 5 à 7% du capital d'Eau Sénégal. Mais il "regrette" que le personnel de la SDE se montre gourmand en réclamant 10% du capital, en excluant les agents de deux autres entreprises actives dans le secteur de l'eau, à qui il se dit prêt d'accorder 3% des actions en diminuant sa propre participation à 20% du capital.
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