Tanzanie: des défenseurs des droits de l'homme dénoncent la détention d'un militant

Infos. Un groupe tanzanien de défense des droits de l'homme a accusé dimanche la police d'enfreindre la loi en détenant un de ses militants dont il est sans nouvelle deux jours après son arrestation à Dar es Salaam.

Tanzanie: des défenseurs des droits de l'homme dénoncent la détention d'un militant
Selon le Legal and Human Rights Centre (LHRC) pour lequel il travaillait, Tito Magoti a été enlevé vendredi à Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, par cinq hommes en civil à bord d'une voiture banalisée. L'organisation affirme être sans nouvelles de lui depuis.La police a affirmé vendredi qu'il était en garde à vue pour être interrogé, sans toutefois préciser où ni pourquoi il était détenu.La police tanzanienne peut détenir un suspect durant 24 heures mais, passé ce délai, elle doit le relâcher si aucune accusation ne peut être portée contre lui.Des collègues de Tito Magoti au LHRC ont indiqué n'avoir pas pu le localiser dans un certain nombre de postes de police de la ville, ni trouver de trace de son arrestation dans les registres de la police."Il y a une grande opacité autour de cette affaire. La police ne nous dit pas où se trouve exactement Tito. Elle enfreint la loi en continuant à le cacher", a déclaré dimanche la directrice exécutive de LHRC, Anna Henga, à des journalistes.Le LHRC envisage des poursuites judiciaires contre la police, a-t-elle ajouté.Le commandant de la police de Dar es Salaam Lazaro Mambosasa a indiqué dimanche que la police avait confirmé qu'elle détenait Magoti et trois autres personnes pour les interroger, mais il refusé de donner de détails."Le public devrait savoir que nous détenons Tito. Le fait est qu'il n'a pas été enlevé, comme le suggèrent les rumeurs sur les réseaux sociaux. Nous publierons un rapport demain", a-t-il déclaré.Depuis son élection en 2015, le président John Magufuli est critiqué pour son autoritarisme. Fin octobre, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé un recul inédit des libertés fondamentales sous son régime, qui a multiplié les actions répressives contre les médias, la société civile et l'opposition.

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