Un militaire camerounais et un assaillant ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi lors de la troisième attaque rebelle en moins d'une semaine dans la péninsule de Bakassi (sud-ouest), a appris l'AFP de source proche des services de sécurité.
L'attaque n'a pu être confirmée vendredi soir de source officielle.
"L'attaque a eu lieu à Isangele (une localité de Bakassi).Un soldat du BIR (Bataillon d'intervention rapide, unité d'élité dont des hommes sont détachés à Bakassi) et un assaillant ont été tués", a affirmé la source proche des services de sécurité.
"Une dame a été blessée après avoir reçu une balle perdue", a ajouté cette source, qui n'a pu identifier l'identité du groupe ayant perpétré l'attaque, ni donner plus de précisions sur les circonstances.
Il s'agit de la troisième attaque enregistrée à Bakassi en moins d'une semaine.Le président Paul Biya qui se trouvait en Suisse est rentré mardi soir en urgence en raison des deux premières attaques.
Dans la nuit du 6 au 7 février, un groupe armé a pris pour cible une brigade de gendarmerie à Mbonjo (localité de Bakassi), tuant deux gendarmes, selon le gouvernement.
Le 6 février, treize personnes dont un sous-préfet ont été enlevées, également selon le gouvernement.Vendredi, elles étaient toujours entre les mains de leurs ravisseurs et les négociations en vue de leur libération se poursuivaient, selon la source proche des services de sécurité.
De même source, les deux premières attaques sont l'oeuvre de l'Africa Marine Commando (AMC), actuellement le groupe rebelle le plus actif dans la région de Bakassi.
Selon le quotidien privé Le Jour, l'AMC exige "le versement d'une prime mensuelle de 6 millions de nairas (monnaie nigériane) par chacune des cinq compagnies pétrolières opérant dans la région de Bakassi, soit un total de 30 millions de Nairas, environ 100 millions de Francs Cfa (150.000 euros) par mois".
En novembre, l'AMC avait lancé une attaque nocturne dans le secteur proche du terminal offshore Moudi au large de la péninsule.
En mars 2010, le groupe rebelle avait enlevé pendant cinq jours 7 Chinois d'une société de pêche et avait revendiqué en septembre 2010 l'enlèvement dans la zone portuaire même de Douala de six étrangers.
Ces personnes (un Croate, un Philippin et quatre Ukrainiens) avaient été libérées fin septembre à l'issue d'une intervention militaire menée au Cameroun, selon les autorités du pays, au Nigeria selon une source camerounaise proche des enquêteurs.
Depuis trois ans, les attaques en mer et enlèvements, souvent attribués par les autorités camerounaises à des "pirates" et visant des cibles variées, se sont multipliés au large de la péninsule de Bakassi, région marécageuse de 1.000 km2, difficile d'accès, potentiellement riche en pétrole et gaz.
Cette péninsule a fait l'objet d'un différend frontalier entre le Nigeria et le Cameroun au terme duquel elle a été rétrocédée au Cameroun en 2008.
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