"Nous sommes rentrés chez nous hier (samedi). Ils nous ont libérés depuis mardi sur l'autre rive du lac Tchad. Comme les eaux ont envahi les lieux, nous n'avions pas de moyens de transport pour faire la traversée", a expliqué à l'AFP Abari El Hadj Daouda, maire de cette commune de la région de Diffa."Finalement ce sont les BH (Boko Haram) eux-mêmes qui ont trouvé une pirogue pour nous amener" à la terre ferme, a-t-il précisé. "Une rançon d'une vingtaine de millions de francs CFA (plus de 30.000 euros)" a été versée aux ravisseurs pour leur libération, a-t-il dit. Abari El Hadj Daouda et sa femme avaient été enlevés dans la nuit du 19 octobre à leur domicile par des hommes de Boko Haram. La région de Diffa, proche du Nigeria, est victime depuis 2015 d'attaques de ce groupe jihadiste nigérian. Selon les chiffres de l'ONU, il y a eu 173 attaques entre janvier et août 2019, avec 202 civils tués et 60 blessés, ainsi que 239 personnes enlevées. Les femmes et les enfants représentent plus de 70% des enlèvements.En juillet 2017, 39 personnes - 33 femmes et 6 garçons - avaient été enlevés par Boko Haram à Ngaléwa, un village situé à quelques kilomètres de Kabaléwa. Les autorités nigériennes avaient promis de rechercher et de libérer les otages. Mais ils sont toujours aux mains des ravisseurs, selon les ONG locales. Les otages sont généralement conduits dans les zones marécageuses du lac Tchad, situées à cheval entre le Niger, le Tchad et le Nigeria, devenues des repaires des islamistes qui y avaient déjà commis de nombreuses attaques meurtrières. En plus de l'insécurité, Diffa est confrontée à de graves inondations provoquées par une crue de la Komadougou Yobé (une rivière qui sert de frontière avec le Nigeria) qui ont déjà fait plus de 20.000 sans-abri, selon les autorités locales.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.