L'Allemagne a annulé la visite d'une secrétaire d'Etat samedi au Malawi et critiqué dans un communiqué commun avec plusieurs pays donateurs "certaines tendances négatives" dans ce petit pays pauvre d'Afrique australe, qui vient d'adopter une loi restreignant la liberté de la presse.
Le ministère allemand du Développement a annoncé que la secrétaire d'Etat Gudrun Kopp renonçait à une visite prévue au Malawi du 12 au 15 février "parce que des rendez-vous pour des entretiens importants portant sur le développement et les droits de l'Homme n'avaient pu être confirmés à temps".
La veille, le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Dirk Niebel, avait annoncé qu'il avait suspendu il y a deux semaines le paiement d'une tranche de 2,5 millions d'euros d'aide au Malawi, en réaction à une nouvelle loi restreignant la liberté de la presse et au refus des autorités d'en discuter.
Le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, en déplacement en Allemagne, avait pour sa part appelé le Malawi à accepter le dialogue avec l'Allemagne sur ce sujet, faute de quoi il prendrait "une décision budgétaire".
Plusieurs pays donateurs --Grande-Bretagne, France, Allemagne, Islande, Japon, Norvège, Etats-Unis-- qui financent plus de 40% du budget de développement du Malawi ont publié un communiqué commun samedi, disant "partager les préoccupations exprimées par de nombreux Malawites sur certaines tendances négatives".
La loi sur la presse, qui permet au ministre de l'Information d'interdire des médias jugés "contraires à l'intérêt public", "a renforcé ces inquiétudes", souligne ce communiqué publié à Lilongwe, capitale politique du Malawi.
"Il est de notre responsabilité de partenaires et d'amis de contrôler étroitement l'adhésion du Malawi aux normes internationales sur la protection des droits de ses citoyens", poursuivent-ils.
L'opposition et la branche locale du groupe de défense des médias d'Afrique australe ont dénoncé cette loi promulguée par le président Bingu wa Mutharika, et que le gouvernement n'entend pas abroger.
Le Malawi a adopté en 1995 une nouvelle Constitution garantissant la liberté de la presse, après les années de dictature de Kamuzu Banda (1964-1994).
Le président Bingu wa Mutharika accuse souvent les journaux locaux indépendants de propager des informations négatives sur le pays.
Il avait menacé l'an dernier de fermer des publications qui avaient affirmé que jusqu'à un million de personnes aurait besoin d'une aide alimentaire au Malawi, un mensonge selon lui.
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