Crépin Wakanam et Kevin Béré-Béré, connus sous les noms de guerre de "Pino Pino" et "Béré Béré", sont assis au premier rang du banc des accusés de ce procès qui devrait durer une semaine.En tout, les 31 accusés sont jugés par la Cour criminelle du tribunal de Bangui pour "crimes contre l'humanité, crimes de guerre, pillages et meurtres", a précisé à l'AFP le procureur de la République, Eric Didier Tambo.Les accusés comparaissent pour "le massacre de nombreux civils", selon le dossier d'instruction lu par le greffier qui n'a pas précisé leur nombre exact, ainsi que pour le meurtre de "dix casques bleus", six Marocains et quatre Cambodgiens.Le "général Pino Pino" et le "lieutenant Béré Béré" étaient à la tête d'un groupe armé qui a notamment attaqué le 13 mai 2017 le quartier de Tokoyo et une base de l'ONU dans la localité de Bangassou. Selon l'ONU, l'assaut avait fait 72 morts, 76 blessés et 4.400 déplacés. Les membres de la communauté musulmane qui se trouvaient dans l'église catholique de cette ville avaient été particulièrement visés. La Centrafrique est plongée dans une guerre civile depuis que le président François Bozizé a été renversé en 2013 par la Séléka, une coalition de groupes rebelles à dominante musulmane. En réaction, des milices populaires, les anti-balaka, à majorité chrétienne et animiste, dont celles de "Pino Pino", avaient été créées pour combattre la Séléka, entraînant le pays dans une spirale très sanglante.Si la signature d'un accord de paix le 6 février 2019 entre le pouvoir de Bangui et 14 groupes armés a permis une baisse significative des affrontements, le pays reste secoué par des combats réguliers. "Le procès qui s'ouvre est un très gros dossier", selon le procureur Tambo. "Béré Béré" s'était rendu le 21 janvier 2018 aux casques bleus de la base de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), déposant les armes pour réclamer leur protection contre son lieutenant "Pino Pino", qui s'était retourné contre lui.Quatre mois plus tard, "Pino Pino" avait été arrêté en République démocratique du Congo avec 33 membres de sa milice, puis extradés à Bangui."Leur présence à ce procès témoigne que la justice centrafricaine réaffirme sa volonté de lutter contre l'impunité", a réagi mardi auprès de l'AFP le président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, Joseph Bindoumi. "Nous encourageons ainsi les juges centrafricains à poursuivre les autres présumés auteurs de violences qui ont sévi sur le tout le territoire", a-t-il ajouté.
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