Amnesty Intenational Sénégal avait réclamé la libération "immédiate et sans condition" de M. Sagna et de huit manifestants interpellés avec lui devant les grilles du palais présidentiel de Dakar, une zone où toute manifestation est interdite en vertu d'un arrêté ministériel de 2011, dont l'opposition conteste la constitutionnalité.Les neufs manifestants ont été inculpés de "participation à une manifestation non autorisée" et risquent d'être renvoyés devant un tribunal correctionnel à l'issue de l'instruction, toujours en cours. Figure de proue du mouvement "Frapp-France Dégage" (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine), régulièrement interpellé lors de manifestations, Guy Marius Sagna est en outre inculpé de "rébellion" (pour s'être opposé à son arrestation) et de "provocation à un attroupement non autorisé", selon l'un de ses avocats, Moussa Sarr.Alors que cinq militants avaient déjà retrouvé la liberté ces dernières semaines, la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar a ordonné mardi la remise en liberté de deux autres, Ousmane Sarr et Fallou Galass.Mais elle s'est opposée à celle de Guy Marius Sagna, selon Me Sarr, pour qui son client "réunissait pourtant toutes les conditions", dont l'absence de risque de collusion avec ses co-accusés. "Sa place n'est pas en prison", a-t-il ajouté, en indiquant qu'une nouvelle demande de remise en liberté serait introduite "dans les prochains jours".Le Sénégal fait figure de modèle démocratique en Afrique, mais les campagnes électorales y sont souvent émaillées d'accusations de corruption, de désinformation et de violences.L'opposition avait dénoncé en 2019 l'invalidation des candidatures pour la présidentielle de Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires, ainsi que l'instauration d'un nouveau système de parrainages qui a éliminé 20 des 27 prétendants.Réélu dès le premier tour, le président Macky Sall est confronté à des tensions sociales, notamment dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Le "dialogue national" qu'il a mis sur pied ces derniers mois a été rejeté par les ténors de l'opposition.
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