Les 4,8 millions d'électeurs tchadiens ont voté dimanche au cours d'élections législatives dont les enjeux, dans un pays marqué par les conflits, sont la transparence et le score que réalisera l'opposition, absente des isoloirs depuis 2002.
Les opérations de vote ont commencé avec du retard dans beaucoup de bureaux à N'Djamena, a constaté un journaliste de l'AFP, et dans le reste du pays, selon des sources politiques et la mission d'observation européenne.Conséquence, les opérations de vote se sont terminées après le délai prévu de 17H00 (16HOO GMT).
"Globalement, les choses se sont bien passées", a estimé le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Yaya Mahamat Liguita, se réjouissant d'une participation "massive des électeurs pour accomplir leur devoir civique dans un esprit de paix et de tolérance".
Selon la Céni, près de 2.000 observateurs nationaux et internationaux ont supervisé le scrutin à un tour.
Le chef de la Mission d'observation européenne au Tchad, Louis Michel, a déclaré que "Le taux de participation estimé à 12H30 (11H30 GMT) était de (environ) 40%".
"A aucun moment nous ne pouvons soupçonner qu'il y ait eu des irrégularités frauduleuses ou qui étaient malveillantes", a précisé l'ancien ministre belge des Affaires étrangères."Contrairement à ce qu'on pourrait penser - c'est une impression personnelle - on ne voit quasiment pas qu'il y a une élection.Il n'y a pas de signes extérieurs de débat politique dans ce pays, mais il y a une chose, les citoyens sont heureux de voter, c'est une joie profonde et calme, tranquille", a-t-il ajouté.
L'opposition avait boycotté la dernière présidentielle qui a vu en mai 2006 la réélection du président Idriss Déby, à la tête de l'Etat depuis 1990, arrivé au pouvoir par les armes et ayant bénéficié à plusieurs reprises du soutien de la France.
Depuis, opposition et majorité ont signé l'accord du 13 août 2007 pour mettre le pays sur la voie de la démocratie et d'élections justes et transparentes, et ces législatives, repoussées à plusieurs reprises, doivent en être une illustration.
Ces premières élections nationales de l'année seront suivies le 3 avril du premier tour de la présidentielle, avant des élections locales en juin.
"Cette fois-ci", a affirmé un électeur du 2e arrondissement de N'Djamena, Moustapha Hisseini Rahmat, "nous osons espérer qu'il y aura la transparence".
Un autre a ajouté souhaiter d'abord "la paix".
"Je vote parce que je voudrais exercer un droit civique mais je n'attends pas grand chose de ce scrutin", a déclaré de son côté Alain, un électeur de Moundou (sud).
Le président Deby a été le premier à déposer son bulletin dans un bureau du 1er arrondissement de la capitale, appelant les Tchadiens à se déplacer "massivement" pour choisir leurs députés et souhaitant "que le pays sorte grandi de ces élections (...), que le peuple tchadien sorte de cette élection uni".
N'ayant pas participé à un scrutin depuis près de neuf ans, l'opposition espère assurer sa position à l'Assemblée nationale avant la présidentielle d'avril, mais son morcellement (plus de 100 partis existent au Tchad) et les moyens déployés pendant la campagne par le Mouvement patriotique du Salut (MPS) du président Deby ne sont pas à son avantage.
La Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), principale coalition de l'opposition tchadienne, avait relevé jeudi "plusieurs ratés" dans l'organisation de ces législatives, jugeant la "situation pire que celle des élections passées".
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