Les expulsions ont débuté le 21 janvier, les soldats tirant en l'air pour faire partir les habitants et protéger l'entrée en action de bulldozers chargés de raser les maisons, sur Snake Island et Tarkway Bay.La raison invoquée par l'armée pour avoir "évacué" des dizaines de milliers de personnes, sans aucune solution de relogement, est qu'elles participaient directement ou indirectement (en achetant du carburant ou en ne dénonçant pas les coupables) au siphonnage des oléoducs qui longent la lagune de Lagos.Mais pour les habitants et les associations de défense des droits de l'homme, ces opérations brutales visent à se saisir de terrains constructibles, une marchandise rare dans cette mégapole de 20 millions d'habitants, capitale économique nigeriane à la croissance démographique folle.Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants, qui habitaient notamment Tarkwa Bay, s'étaient installés jeudi dans la salle d'audience du tribunal.Le juge a rendu une ordonnance provisoire de suspension de la démolition des bâtiments et de l'expulsion de nouveaux habitants.Il a aussi interdit aux forces de sécurité de harceler les résidents, "en tirant avec leurs armes, en les menaçant ou en les arrêtant".Les expulsés ont salué cette décision."C'est une victoire majeure pour nous, nous allons retourner dans nos villages. Nos enfants vont pouvoir aussi retourner à l'école", a témoigné à l'AFP un résident, Solomon."Le gouvernement doit maintenant nous rendre nos maisons, reconstruire celles qui ont été détruites. Nous n'avons pas les moyens de les reconstruire nous-mêmes".Les expulsions se sont multipliées ces dernières années à Lagos, visant des collectivités pauvres situées à des emplacements privilégiés, en particulier sur le littoral, attisant la convoitise des promoteurs immobiliers.Lagos gagne un million d'habitants chaque année depuis dix ans. Le mètre carré est devenu rare et hors de prix. Les bords de mer et de lagune y sont même "ensablés" pour créer davantage d'espaces constructibles, vendus à de riches investisseurs.
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