Une personne a été tuée mardi dans de violentes manifestations qui secouent depuis deux jours un bidonville du bassin charbonnier de l'est de l'Afrique du Sud en protestation contre un chômage massif et des services publics déficients.
Le corps d'un homme a "été trouvé près de là où ont lieu les émeutes", dans un township proche de la ville d'Ermelo, à quelque 200 km à l'est de Johannesburg, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de la province du Mpumalanga, le capitaine Leonard Hlathi.
"Nous ignorons les causes de la mort", a ajouté le policier, renvoyant à l'enquête en cours.
La police a fait usage de balles réelles, "tirées contre les murs pour effrayer la foule" en réponse aux tirs de protestataires sur les forces de l'ordre, a-t-il poursuivi, précisant qu'"aucun blessé n'a été enregistré" dans la fusillade.
Des renforts de police et des spécialistes de gestion des foules étaient acheminés mardi vers le township, où les policiers sont assaillis à jets de pierres et de cocktails molotov par des groupes qui se forment et se dispersent sans cesse.
Les tirs à balles de caoutchouc, visant selon M. Hlathi à "disperser les groupes qui brûlent des pneus, barricadent les rues avec des pierres et détruisent tout sur leur passage", n'ont pas réussi à ramener l'ordre.Trente-trois personnes ont été interpellées depuis lundi, a-t-il dit.
Les médias locaux rapportent que les émeutiers sont pour l'essentiel des jeunes, qui protestent contre un chômage frappant surtout les quartiers pauvres et réclament l'accès à l'eau courante, à l'électricité, ainsi que des logements décents.
Selon un photographe sud-africain sur place, la situation est extrêmement volatile."Tout est calme pendant quelques heures puis, tout à coup, les émeutes recommencent", a-t-il raconté à l'AFP, soulignant que les boutiques tenues par des étrangers étaient la cible de pillards.
Les anciens ghettos noirs hérités de l'apartheid abritent toujours une population défavorisée, qui souffre d'un chômage massif, et sont encore souvent privés de services de base en dépit des progrès accomplis depuis la chute du régime raciste en 1994.
Les explosions de colère y sont courantes.En mai 2008, ces frustrations avaient pris les étrangers pour cible, lors d'émeutes xénophobes dans lesquelles 60 personnes avaient été tuées, faisant fuir des dizaines de milliers de Zimbabwéens, Mozambicains et autres immigrés.
Seize ans après la chute de l'apartheid, 43% de la population sud-africaine vit toujours avec moins de deux dollars par jour.Le chômage, de 24% fin 2010 selon les statistiques officielles, afflige 36% des actifs si l'on inclut les personnes découragées qui ne cherchent plus d'emploi.
Le président Jacob Zuma, élu en mai 2009 sur un programme de lutte contre la pauvreté et le chômage, a promis la semaine dernière de faire de 2011 l'année de la création d'emplois.
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